Genèse

il y a
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J'ai toujours aimé lire. Il y a peu de temps, j'ai commencé à écrire et c'est devenu une nécessité pour moi. J'aime ce temps passé devant mon clavier, je ne vois pas filer les heures. Crée ... [+]

Il y eut un soir, il y eut un matin !
Après avoir créé le ciel et la terre, Dieu se reposa.
Tout en mâchonnant un brin d'herbe, Il récapitula : «J'ai créé le soleil pour illuminer le jour et la lune pour présider à la nuit. Qu'ils servent de signes pour les saisons. D’ailleurs, je vais commencer par le printemps ! Ah, j'allais oublier les étoiles pour éclairer la terre. J'ai créé les plantes qui produisent des semences, les arbres fruitiers dont chaque espèce porte des fruits. Je n'ai pas oublié les fleurs pour le plaisir des yeux ! J'ai mis de la verdure partout ! »
Il poussa un soupir de satisfaction et profita d'un repos bien mérité.
Le matin du jour suivant, Dieu observa son travail de la veille et remarqua, à la surface de la terre une région particulièrement enchanteresse : des montagnes couronnées de neige scintillaient sous le soleil. Un manteau immaculé recouvrait plaines et vallées. Des forêts de sapins escaladaient les versants abrupts et dans les vallées, des lacs étincelaient comme autant de pierres précieuses posées sur un écrin de prairies luxuriantes. Elles offraient à son regard des tapis des fleurs qu' Il nomma jonquilles, narcisses, boutons d'or, pensées et crocus. Il constata qu'il y avait autant de fleurs dans les prés que d'étoiles dans le ciel. Il en fut satisfait !
Le massif des Écrins ! Voilà le nom qu'Il donnerait à cette région.
Dieu entendait des ruisseaux grelotter sous la couverture neigeuse. Puis il les voyait bondir sur les rochers, plonger en cascades vertigineuses pour rejoindre une large rivière dans la vallée. « Et bien, se dit-Il, que d'eau ! » Il appela cette rivière Isara qui devint l'Isère. Et il nomma ses deux principaux affluents Drac et Romanche. Il observa que l'Isère traversait une large plaine située juste à l'entrée d'une étroite cluse entre deux massifs montagneux qu'il nomma Chartreuse et Vercors. Il pensa qu'une très belle ville pourrait trouver sa place au cœur de cette plaine ! « Je pourrais lui donner le nom de Cularo* »
Devant tant de beauté , Dieu prit une grande décision:
«  Demain, je créerai des êtres vivants pour peupler ce petit paradis. »
Et le lendemain, des flèches d'argent scintillaient dans l'eau claire de l'Isère. Dieu les nomma poissons. Il y avait là des ombles puis des perches qui se suivaient en ondulant dans le courant tandis que des petites ablettes se déplaçaient en escadrilles.
Dans le ciel, des oiseaux volaient à tire-d'aile. Dieu les nomma aigle royal, lagopède, troglodytes mignons, pinsons, mésanges ou grives musiciennes. Ils étaient si nombreux qu'Il imagina un nombre infini d'insectes de toutes sortes pour les nourrir. Soudain un très gros insecte s'échappa de ses mains et s'envola dans un vrombissement de tonnerre : c'était un frelon ! « Zut, se dit Dieu, je suis allé trop vite pour créer celui-là, il pique méchamment ! » Mais il était trop tard pour faire marche arrière, l'insecte était déjà loin. Pour compenser cette erreur, il créa les abeilles : petites et travailleuses elles polliniseraient les fleurs des champs et celles des arbres et feraient du miel.
Puis il installa les chamois, les bouquetins et les mouflons dont les sabots pouvaient escalader les rochers abrupts et les falaises les plus vertigineuses.
Enfin , Il fit émerger de la neige, deux petites marmottes qui semblaient à peine réveillées d'un long sommeil. Elles pointèrent leur museau hors du terrier et décidèrent que le temps était venu de sortir. L'une des deux poussa un long sifflement et bondit hors de son trou. L'autre la suivit et de pirouettes en galipettes, elles s'éloignèrent de leur terrier. Elles gambadaient de tous côtés, se poursuivaient, bondissaient et disparaissaient dans la neige profonde . Elles en ressortaient un peu plus loin, le poil tout blanc de neige. Alors elles passaient leurs petites pattes derrière leurs oreilles, sur leur museau pour se nettoyer les moustaches et reprenaient leurs cabrioles. Dieu, amusé par ces drôles de bestioles, ne pouvait en détacher son regard.
Lorsque la nuit tomba, Il se dit que tout cela était bon !
Le sixième jour, Il décida de créer un être vivant pour lui confier toutes les bêtes de la création, petites et grosses et pour cultiver et garder le jardin d’éden .
Quelque temps plus tard alors que les petites marmottes sortaient de leur trou, elles se trouvèrent face à un être inconnu. Il était très grand, marchait sur ses deux pieds et ne ressemblait à rien de ce qu'elles connaissaient ! Cachées derrière un rocher, elles l'observèrent silencieusement. Il portait un vêtement fait de peaux de bêtes. Il était accompagné d'une autre créature qui lui ressemblait, en plus fin et plus petit. Ils avançaient tous deux dans les hautes herbes et tenaient un arc et des flèches dans leurs mains. À leur ceinture étaient attachés tous les cadavres des petits animaux qu'ils avaient tués dans la matinée.
Les marmottes se faufilèrent dans leur trou sans faire de bruit et l'une dit à l'autre : « La fête est finie et je crois bien que nos ennuis commencent ! »

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Cularo* devint plus tard Grenoble.

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Irene · il y a
J'adore cette genèse, vue par Line Chatau ! Et comme elles ont raison les petites marmottes de se méfier !
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Sylvanas Windrunner · il y a
Si Dieu existe, je crois bien que la création qu'il a le plus raté n'est pas le frelon, mais bien nous (et les moustiques).