Zêzé. L'homme à l'image d'un marié

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Suis- je dans le noir ou ai- je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Ou je le saurai très bientôt.

Il était une fois, un homme appelé Zêzé se voit marier par une fille qu'il n'a pas pu draguée . Ce jeune homme toujours vêtu en noir, moins intelligent qu'on le qualifie d'idiot du village, était un boy que beaucoup de gens de l'entourage sous-estiment et embauchent pour lui payer rien ou rarement peu d'argent. C'est lui que presque toutes les filles du village dérangent trop jusqu'à enlever sa culotte et toucher son sexe. Caresser. Comme ça, elles apprenaient à découvrir les parties intimes de l'enfant du genre contraire au leur. Belger des vaches que j'étais, aussi petit, j'étais très curieux pour voir ce qui se passait à côté de moi.

Récompense annuelle de son séjour de travail chez la famille kikilie, voisine de moi, sa montre qui ne se sépare jamais de son bras gauche, n'affiche aucune autre heure que midi. Si on pose à Zêzé quelle heure est-il, il te répondra sans doute que c'est à midi. Midi qui ne change pas, midi qui s'affiche aux yeux de lui, même au soir.

C'est à Bukari , petit village habité par les kikili et les fufuli, très ensoleillé, avec beaucoup de maisons-fufulies en pailles que vivait Zêzé depuis son enfance mais il travaillait pour les kikili qui font l'exception dans leur construction. Ce jour là je semblais à un homme qui allait au marché. En passant et aussi très malin, j'entendais un charivari mêlé de quelques mots audibles :

" zêzé s'est marié. Zêzé s'est marié." Des mots qui semblaient illogiques pour moi.

- Oh!! S'est-il vraiment marié ce gars là ? Me demandais-je.

- "Oui. Amidou son petit frère, époux d'une seule femme et père de quatres enfants, avait fait beaucoup de choses pour lui", me répond Bintu, fille de ma génération en train de sarcler le champs de maïs à côté du chemin, qui m'entend en train de monologuer en passant. Et pour ajouter : "Il alla convaincre une fille-mère, Mendi, pour la marier à lui sans qu'il le connaisse ou le veuille".
- pourquoi alors ça ? Lui demandais- je encore.
- " En fait ici, mourir célibataire ne se voit pas d'un bon œil. Soit on est maudit, soit on voulait dissoudre la famille. Quand-même il y a des rites pour les hommes ou les femmes morts célibataires . Ils ne sont pas enterrés comme les autres. On les être accompagne d'un morceau de charbon de bois avec une signification qui ne serait connue que par les personnes âgées", m'expliquait humblement Bintu.

Mendi, cette jeune fille-mère avec un garçon de quatre ans, grosse, avec une beauté naturelle, un visage clair, espère un mariage avec Zêzé , un jeune homme qui serait mûr , sérieux et intelligent. Cependant, dans notre société, voir un très jeune homme épouser une femme qui a déjà mis au monde, c'est comme voir le lapin en train de boire d'eau.

Avec peu ou presque pas de chance de rencontrer son futur mari, elle n'a fait que suivre Amidou mais avec beaucoup d'espoir de trouver un bon âme sœur. Amenée chez Zêzé illégalement, personne ne connait pas ce qui s'est passé la nuit de ce jour là. On ne lisait, au visage de Mendi, que la répugnance vis à vis de Zêzé, son époux par nom.

N'ayant pas ni le goût ni le besoin de s'asseoir, discuter avec sa femme, ne connaissant pas quoi faire avec elle, Zêzé n'était pas du tout marié. Zêzé ne mange pas sur l'assiette. L' assiette qu'on lui a attribuée n'est pas la sienne. En d'autres termes on l'a violé. Il est devenu un homme célibataire, qui a l'image d'un homme marié. C'est cela que j'appelle la violence basée sur le genre- masculin- faite à zêzé.

Parfois, notre société ne fait qu' embellir ce qui est fichu. Mendi, celle que les gens appellent sa femme, n'était pas la sienne.

Les relations entretenues par Mendi et son beau-frère, Amidou, étaient tellement douteuses que la femme de ce dernier éprouve avoir une vie de femme cocue. Amidou sortait chaque fois avec Mendi laissant sa femme à la maison. Zêzé rentrait rarement et ne pouvait pas prononcer aucun mot à la femme qu'on lui a attribuée à moins qu'il veule se faire fouetter.

Entre beauté et bonté, vérité et sincérité, il faut douter de tout. Le fait que cela se fasse dans la situation aussi cachée, me fait penser à l'éducation, si mauvaise, douteuse que je le souhaite, que reçoivent les enfants de ma colline. Le christianisme en général, le protestantisme en particulier ont ses propres moyens de cacher la réalité. Là il n' y a pas de la polygamie, il n'y a pas de la polyandrie, il n'y a pas du divorce sauf si on voudrait se faire excomunier de l'église. C'est pourquoi Amidou, lui, a préféré le faire ainsi.
Des années passent, des autres s'ajoutent mais Mendi continue à mettre au monde sans être inscrit à l'Etat-civil avec aucun mari même si elle est supposée être la femme de Zêze. Ses enfants non plus.

Mendi remuait ciel et terre pour nourrir ses enfants dont les pères diffèrent selon les femmes spécialistes de faire ressembler les enfants à leurs pères dans la localité. Visiblement et comme aucune personne de l'entourage ne l' approuve, aucun de ces enfants ressemble à Zêzé.

Le jour d'après l'accouchement, on voyait des femmes et des hommes venir féliciter Mendi: Kira, Simba imanga. Mais la réalité se connait. À Bukari, le blanc est noir. On l'accepte.

Et si on nous conseille de mettre au monde des enfants que nous sommes capables d'assurer les soins, on s'en fout. Par ailleurs, la population bukarienne vit de l'agriculture et de l'élevage. Si on n'a pas de terres arables héritées de leurs pères, dans cette société aussi patriarcale, les enfants issus de l'adultère, des pères inconnus mourrant de faim ou vivra du banditisme ou de la mendicité. Voilà la vie chez nous.

Qui sauvera alors les enfants de Mendi? Ces femmes que je pourrais regrouper dans la coalition Woman-Can, approchaient silencieusement Mendi tout en lui expliquant comment ses enfants pourraient bien vivre pendant qu'ils atteignent la maturité. voici leurs conseils à Mendi :

" Tu vois ? Tu croyais qu'Amidou allait te marier à quelqu'un apte de jouer le rôle d'un mari mais ça n'a pas été le cas. Si tu as préféré rester ici, faire des enfants ici, pense alors à la vie de tes enfants. Ah bon, nous avons réussi à cacher la réalité. C'est pourquoi puisque tu n'es pas inscrit à l'état civil , tu dois le faire pour gagner la famille et sécuriser tes enfants, nous t'assurons."

Demain n'a pas tardé. Ici présentes les bicocoro, ces femmes sages de la localité, proches d'elle. Elles organisent une campagne rapide visant à faire inscrire Zêzé et Mendi à l'Etat civil.

Alors que Zêzé passait deux ans à l'extérieur de la famille où il était boy, cela devint une piège difficile à surmonter. Il rentra par force. Il ne connaît pas ce qu'il allait faire. Heureusement que qu'on l' a fait pour un homme qu'on suppose avoir un problème mental mais si c'était moi, j'aurais combattu avec beaucoup d'espoir de ne pas être vaincu.
Voilà! Un constume qu'il n'a jamais porté durant sa trentaine, lui est rendu ce jour là. Mendi est fier d'être inscrite. Ses enfants vont ,par conséquent, hériter de la famille malgré leurs pères inconnus.

Naïf, Zêzé est devenu père des enfants issus d'une femme qu'il n'a jamais vue à poil. Pourquoi ? Le jour où Amidou lui a amené l'épouse, Il s'est évadé et n'est jamais retourné dormir chez lui. Il ne voulait pas se marier. Il en était inconscient.

Et cela n'a pas été sans conséquences. Une fois qu'il devienne pensif et se souvienne qu'on l'a attribué la femme et les enfants qui ne sont pas les siens, il devint surchargé. C'est comme ça qu'il s'est révolté un jour. Il est venu chez Mendi. Cette dernière n'ayant pas fermé sa maison alos qu'elle était dans les champs avec ses enfants, Zêzé entra et met le poison dans une casserole remplie de la nourriture. Mendi et se enfants arrivèrent ayant faim, ils mangèrent la nourriture empoisonnée et périssent tous.

Heureuses les familles bukariennes, vous avez réussi!
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V-Cent Jocker · il y a
Vous avez mes voix, merci d'avoir soutenu mon texte.
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Jeanne · il y a
Un conte des terres lointaines qui nous emporte loin, au cœur d’un petit village du Cameroun aux rites, coutumes et traditions solidement ancrées. On assiste aux mésaventures de Zêzé, un garçon différent, un jeune homme célibataire marié contre son gré, qui commet l’irréparable, au final une triste fin pour Mendi et ses enfants. Un récit touchant, des erreurs d'orthographie, dans l’emploi des temps, des maladresses dans l’expression. Un bouquet de cœurs, d’encouragements et tous mes vœux Dieudonné pour la suite des événements.
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lucile latour · il y a
un texte qui decrit des coutumes différentes et des façons de vivre la famille aussi et qui pèsent. mon soutien
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Boubacar Mamoudou · il y a
Bonne chance !
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Thibilisse Birúra · il y a
Un bon texts!!
Courage bro!!
Wish you success!!!

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Eric Lelabousse · il y a
Je vous offre avec plaisir mes 5 voix méritées pour ce récit
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Nelson Monge · il y a
Une intrigue intéressante que l'on suit avec plaisir. La correction des erreurs de syntaxe et d'écriture permettrait certainement de la propulser encore plus loin. Des voix, tout de même !
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Ginette Flora Amouma · il y a
Le récit serait intelligible s'il n'y avait autant d'obstacles à passer .
Bonne chance et bonne continuation .

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Dieudonné Ndayizeye · il y a
Merci pour un bon conseil !
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Randolph · il y a
Un texte dur, mais beau qui fait découvrir tout un monde, bravo ! Mon soutien et je me suis abonné !
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Eva Dayer · il y a
Une finale un peu amère ... Votre texte a le mérite de m'emmener très loin de chez moi mais des difficultés d'expression .