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Voyage dans le vide

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Zou

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Road trip, road trip ce mot me tourne dans la tête, il faut bien combler le vide j'imagine... je me repasse en boucle mes 6 jours de route, assez ennuyeux comme occupation, il ne se passe pas grand chose quand on voyage au milieu du vide.
Le premier jours, j'ai abandonné, carte et GPS, de toute façon, il n'y a qu'une seule route, allant toujours tout droit, coupant l’Australie en sa moitié, traversant le vide pendant des milliers de kilomètre. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussait à partir, seul. Je me sentais comme attiré par ce vide immense. Un simple regard sur une carte m'avait suffit, cette route perdue au milieu de nul part, coupant l’Australie en deux m'avait fasciné. Je m'étais envolé pour Darwin, ou j'avais acheté une vielle mobylette tombant en ruine que j'avais dès le début surnommé « l'épave », j'avais mis quelque jours à la retaper, puis j'étais partis.
Dès le premier soir, j'avais abandonné l'idée de conduire la nuit, les visions de kangourous faisant presque ma taille écrasé au bord de la route m'en avait vite dissuadé. Deux question me revenaient sans cesse à l'esprit : Qui de nous deux sera le plus amoché en cas de collision ? Et, pourquoi les Kangourous sont ils si nombreux mais invisible un fois la nuit tombé ? J'étais donc obligé de m'arrêter dans des motels crasseux, ou alors de squatter des vielles bicoques abandonné par leur propriétaire (qui aurait envie d'habiter ici, de toute façon?).
Deuxième jours, la solitude peut elle être bénéfique ? Depuis le début du voyage, je n'avais pas du prononcer plus d'une dizaine de mot, les habitants de ce vide n'étant pas très causant et mon niveau catastrophique d'anglais n'étaient pas pour arranger l'impression de solitude qui devenait de plus en plus pesante.
Au bout du troisième jours, l'épave avait commencé à montrer quelques signes de faiblesses, je m’inquiétais, qui m'aidera si jamais je tombe en panne au milieu de ce désert ? Il m'arrivait en effet de parcourir des centaines de kilomètre sans jamais croiser personnes, je me dégotais donc un téléphone, à peu près dans le même état que l'épave, dans une ferme des environs.
Le matin du quatrième jours, je commençais à me poser des questions, sur moi, sur la vie, la solitude... c'est dingue comme la route défilant sous nos yeux peut nous faire devenir philosophe, je pensais à ceux que j'avais laissé pour un voyage dans le vide. Bien que la route aille sans cesse tout droit, j'avais l'impression de tourner en rond, le paysage était sans cesse le même : rien que des cailloux, de la poussière rouge et de la broussaille à perte de vue.
Le cinquième jour ? Rien, le vide totale.
Et me voilà, aujourd'hui, matin du sixième jour, assis au bord de la route, avec ce mot tournant en boucle dans la tête : Road trip, road trip, road trip.... avec pour seul compagnie, un kangourous écrasé depuis pas mal de temps, comme l'indique l'odeur. L'épave m'a définitivement lâché, et le portable ne vaut pas mieux. Cela doit bien faire deux heure que je suis assis là, attendant désespérément qu'une voiture passe, mais rien! En même temps, je ne peut m'en prendre qu'à moi même, quand on part pour le vide, on s'attend bien à être seul. Le soleil est maintenant haut dans le ciel, et pas un seul endroit pour se mettre à l'ombre.
J’attends.

PRIX

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