Vous vous demandez peut-etre qui je suis!

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Étudiant a l'université Quisqueya Contact: +50947481532 E-mail: robensfrancois@hotmail.com IG : @ndless_wisdom  [+]

Qu’est ce qui m’amené ici ? Certains l’ignorent, mais moi, je tiens à tout vous avouer aujourd’hui. Cette histoire remonte à bien longtemps, mais à chaque fois que j’y pense, je me dis qu’elle aurait peut-être été différente, si seulement on ne s’était pas refusé quelques secondes pour réfléchir. Juste quelques secondes de plus, auraient pu tout changer, et je ne serais pas prisonnier dans cette cellule, sans fenêtre, avec une porte qui ne s’ouvre jamais, je crois qu’elle ne pourra plus jamais s’ouvrir à force d’être restée fermée trop longtemps. Le seul trou qui existe c’est la trappe pour les plateaux de repas. Ici, la lumière m’abandonne. J’essaie vainement de me rappeler le bruit des oiseaux, l’odeur de la mer, les rayons de soleil, la couleur de l’aube. Eux aussi doivent aujourd’hui oublier mon existence. Tout ça, juste pour quelques secondes, quelque secondes de plus que je ne m’étais pas accordé.
Ce soir-là, j’ai préféré passer par la forêt que par la route principale. Pourquoi ? Le chemin à travers la forêt n’était pas plus court, cependant. Mais, quand le malheur vous appelle, vous ne pouvez pas refuser. J’avançais gaiement, et j’entendais des bruits de pas, je compris que je n’étais pas le seul qui évitait la route. Puis j’aperçus une lumière, un grand feu. J’avançais paisiblement vers la lumière. Mais, tout à coup je sentis un coup sur ma tête, et peu à peu la lumière, devant moi, s’éteignait et le noir m’envahissait.
Plus tard, je me réveillai dans une salle noire, je ne savais plus où j’étais. Je me levai. Je tâtonnais dans le noir, je réussis à toucher quelque chose, non quelqu’un, je n’étais pas seul. Je me débattais pour me défendre. Mais tous se demandaient d’une voix inquiétante : « Où suis-je ? » ainsi je pensai que nous étions tous kidnappés par cet être invisible. Tout le monde criait, suppliait de les laisser partir, je pouvais distinguer les prières d’un homme. Celui-ci, par ailleurs, ne demandait pas de sortir, il voulait juste nourrir ces enfants. Des heures passaient, le silence, maintenant aurait si les tic-tac de mon montre s’était montré discret. On ne voyait aucun visage, on distinguait les souffles.
Tout à coup, j’entendis une voix, je me rappelle encore ce qu’elle disait :
«Le soleil s’est levé, vous, vous êtes encore dans le noir, certains y demeureront pour toujours, cependant l’un de vous pourra à nouveau voir le jour, il devra juste être le dernier survivant. »
« Le dernier survivant » à ces mots mon corps tressaillit. Et je sentis tout à coup un énorme coup de pied sur ma poitrine, c’est là je commençai par comprendre dans quel pétrin, j’étais. Je crois que ce n’est pas nécessaire de vous raconter les minutes qui suivirent. La seule chose que je peux vous dire c’est que quand je sortis je remarquai que je n’étais que dans une veille cabane. Une cabane dont on pouvait briser la porte d’un seul coup de pied sans grand effort. On préférait se déchainer sur les autres que sur le vrai problème. Pourquoi n’avais-je pas pensé à détruire ce qui me tenait prisonnier au lieu des prisonniers, mais, dans ce noir, on ne réfléchissait pas on était prêts à détruire sa race pour la lumière. Quelle lumière pourtant ! Je courus me réfugier chez moi, je voulais prendre un bain, manger, et ensuite oublier toute cette histoire, mais l’histoire, elle-même, ne comptait pas m’oublier.
Le lendemain, on frappait à ma porte, j’ouvris c’était les gendarmes. Ils me saisirent, m’emmenèrent au poste. Je fus accusé du meurtre d’une jeune femme portant dans son ventre une enfant de huit mois, d’un père qui devait rentrer chez lui afin de nourrir ses jeunes enfants et de quatre autres personnes. Ces meurtres se sont commis le soir dernier, je compris alors ce n’est que l’incident de la cabane. Je tentai d’ouvrir la bouche, mais, je ne pouvais que crier sur les innombrables coups de bâton des hommes qui forçaient à respecter la loi. Si j’étais là, cependant, c’est juste parce que leurs lois ont déjà été violées. Et il ne suffisait que du dernier coup de bâton pour que je perdisse conscience.
Et là quand je me réveillai cette fois j’étais dans une cellule, comme je vous l’ai dit aucune fenêtre, une porte qui ne se rouvrira jamais. J’étais dans le noir. Je pensais à ce moment où les cris de ces minables ne m’arrêtaient pas. J’étais, ce soir-là hypnotisé, obsédé par la soif de la lumière, alors qu’à ce moment-là je n’avais que les yeux fermés. Aujourd’hui cette cellule est ma demeure. Les ténèbres sont mon unique lumière. J’y suis condamné bien longtemps sans être jugé. J’aimerais mourir. Peut-être que là-bas c’est bien mieux. Mais la mort m’a aussi oublié. Tant de siècles, j’ai passé dans cette cellule, tant de siècles il me reste. Vous vous demandez peut-être qui je suis. Je suis cet être insensé, déréglé de sens que l’on appelle l’Homme. J’ai pris la gloire, l’argent, le sexe, le pouvoir pour la lumière, mais cette fausse lumière m’a condamné aux ténèbres. La voix, je m’en souviens encore, elle chante encore et encore dans mes pensées, c’est celle de la société. Maintenant je suis sûr d’être bien dans le noir.
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Darlo Jn Philippe · il y a
Le texte est très stylé, mon ami
👌👌keep it like that

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Robens Francois · il y a
Merci l'ami
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Marie Juliane DAVID · il y a
Très touchant votre texte. Vous avez un très beau style d'écriture. Sur ce, je vous félicite et je vous souhaite bonne continuation.
Si vous avez un peu de temps, je vous invite à lire mon texte "Mésaventures nocturnes" en lice pour le Prix des jeunes écritures. Pour y accéder plus facilement, vous pouvez cliquer sur mon nom en haut de ce commentaire. Merci d'avance de passer.

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Robens Francois · il y a
Merci beaucoup. Ce sera fait!