Vous pouvez être qui vous voulez

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Je m'appelle Hope. Nous sommes lundi matin. Cette semaine sera comme toutes les autres. Encore. La journée je suis au lycée et le soir je participe à des activités. Le lundi soir c'est violon, une heure et demie. Le mardi je vais à mon cours de danse contemporaine, pendant deux heures. Le mercredi je dispose de toute mon après-midi, donc maman m'a inscrite à deux activités : escalade et cours d'espagnol. Je déteste le mercredi car je n'aime absolument pas l'espagnol, et je n'arrive pas à me concentrer après l'escalade. Mais ma mère pense que c'est nécessaire parce que « l'espagnol est la langue la plus importante après l'anglais, tes notes en espagnol ne sont pas satisfaisantes » et tout un tas d'arguments de ce genre. Le jeudi soir j'ai équitation. Cette activité me plaît bien mais je suis épuisée, et la pression est insupportable. Pour finir la semaine scolaire, je suis l'entraînement de ju-jitsu qui est un art martial. Malheureusement ce n'est pas fini puisque le samedi je passe mon après-midi à faire de la gymnastique et je dois ensuite aller à la salle de sport. Je n'ai droit qu'à un jour de repos. Maman ne veut pas entendre mes protestations, elle est convaincue que tout ceci est nécessaire, que chaque activité est bénéfique. Malgré mes blessures à répétitions, fractures, entorses, déchirures musculaires, malaises fréquents, je suis forcée de continuer. Mon corps est brisé, et mon cerveau est à bout de souffle. Je dois devenir une élite dans tous ces domaines, à seulement 17 ans.
Les personnes qui m'entourent au lycée s'inquiètent de voir mon état se dégrader ainsi, l'infirmière scolaire a même exigé un entretien avec ma tutrice pour remédier à tout cela. Bien sûr cette dernière a accepté pour faire bonne face, mais en réalité elle n'a rien changé.

Mais peut-être que cette semaine ne sera finalement pas similaire aux autres... Il est dix heures et le cours d'anglais vient de se terminer. C'est la matière dans laquelle j'excelle, je suis passionnée de langues ! Sauf l'espagnol vous l'aurez compris. Il est maintenant l'heure de la récréation et alors que je m'apprête à quitter la salle, mon professeur me retient car il souhaite s'entretenir seul à seul avec moi. Je lis son regard plein d'inquiétude. Il me fait signe de m'asseoir, prend une grande respiration et me dit : «  Hope. Tu ne peux pas continuer. Une adolescente ne doit pas mener une vie si chargée, d'ailleurs aucun être humain n'en est capable. Ta mère refuse d'entendre raison même si elle prétend le contraire. Mais s'il te plaît, ne restes pas résignée face à elle, tu es l'Espoir, tu dois y croire pour qu'elle y croit à son tour. ». Après cet entretien bouleversant je peux enfin partir.
La journée de cours s'achève simplement. Les paroles de mon professeur tournent en boucle dans ma tête. Et s'il disait juste ? Si je suis capable d'accomplir de telles journées, je dois être capable de bien plus. Je dois être capable de croire en moi et en ce que je souhaite. Mon esprit divague alors que je suis en train de marcher, et au fur et à mesure je suis emplie de force et courage, je suis convaincue. Ce soir-là je ne me rends pas à mon cours de violoncelle. Je rentre directement. En arrivant ma mère m'interroge sur mon absence à mon cours. Je lui réponds simplement : « Ce n'est pas moi qui ai envie de faire toutes ces activités. ». Mais elle me ressort le même discours comme quoi je dois absolument réussir dans toutes ces disciplines... Je pars alors dans ma chambre sans prendre la peine d'écouter la fin de ce qu'elle dit. Je ne veux plus avoir toutes ces blessures, je ne veux plus me détruire et détruire ma santé.
Mon ami Elyan m'appelle. Je lui explique la situation, il me réconforte dans mon idée et est même content que je réalise enfin tout le mal que je m'infligeais. Il est prêt à m'aider et me soutenir.
Le lendemain soir se déroule de la même manière, mais cette fois maman est vraiment très en colère alors je cours dans ma chambre et m'enferme. C'est trop. Je rappelle Elyan en pleurs et en panique, il m'avertit qu'il vient me chercher immédiatement. Je rassemble mes habits et quelques autres affaires dont je pourrais avoir besoin et laisse un mot sur mon lit : « Au revoir ». Ma mère est dans sa chambre ce qui me permet de sortir sans préoccupation. Elyan est devant la maison, il court m'aider et nous partons chez lui sans un mot.
Je raconte mon histoire à ses parents qui se montrent très compatissants. Ils sont prêts à m'accueillir et me conseillent d'en parler à des professionnels. Dès le lendemain je me rends chez l'infirmière scolaire en lui expliquant mes actes. Elle m'explique alors les démarches qu'elle souhaiterait effectuer et me demande mon accord, que je donne sans souci. Je ne peux plus revenir en arrière.

Trois mois plus tard, j'habite officiellement chez Elyan, et ma mère n'a plus aucun pouvoir sur moi. Je me reconstruis doucement, grâce à la meilleure thérapie possible, l'Amour et le rire. Je suis désormais libre de choisir ce que je souhaite réellement faire. Je peux enfin exercer ma passion qui est le patinage artistique et mes résultats scolaires ont de nouveau augmenté. Je suis enfin heureuse en étant la personne que je veux être et non celle qu'on veut que je sois.

« L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de sa pensée. » Léon Blum
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