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Vivre ou mourir !

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anouna

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« Si l’expérience est un peigne que la vie donne aux chauves, la vie, elle, suit son propre chemin et nous ne faisons que l’emprunter. » Se répétait sans arrêt papa David, surnommé apa’a Da. Ce cantique était devenu un refrain qu’il chantonnait pour se remémorer qu’il y avait dans la vie des choses qui se produisaient sans que l’on ne puisse rien y faire. Et que l’on ne pouvait se résigner de perdre. Il avait reçu trop de coups de cette dernière que son défaitisme s’était accrue ; Tel est un attentiste, il vivait dorénavant en pantin résigné. Aussi, depuis la disparition de Régine, dit Mofo Ré, il sombra dans une torpeur qui ne semblait plus devoir prendre fin. Tout était fait pour lui redonner le sourire mais en vain. On le surnommait déjà le veilleur de tombes. Il ne se passait guère de jours sans qu’il ne revienne dans ce lieu où leur passion s’était embrasée. Sur son visage, la lueur d’antan s’était évaporée et son regard n’était plus que désillusion.
Assis sur un banc public, face à la poste centrale, le chapeau vissé sur la tête, il scrutait inlassablement l’horizon. Chaque couple qui passait, lui rappelait le leur. Et dans ces moments-là, il regrettait leurs querelles, leurs sourires et leurs fous rires. Dans le même élan, les larmes déferlaient sur ses joues-un flot de vagues. Comme c’est étrange de vieillir. L’on se souvient parfois des choses et de ce que l’on voudrait qu’elles aient été. Aujourd’hui, il se souvenait de ce freluquet de vingt ans d’autrefois; qui imaginait des aventures telle une agence touristique. Rêvant de parcourir, par tous les temps et avec tous les moyens de transports, les forêts inhospitalières. Mais soudainement, retentissait le cocorico, et la monotonie reprenait. Comme la plupart des hommes de Bameka , il avait grandit près des champs et était un excellent paysan. Entre la célébration du Leu , les habitants retournaient à leurs habitations. Les femmes s’impliquaient aussi dans la pêche. Pris sous l’aile d’un de ses oncles maternels, il avait du mal à s’adapter à sa ₺dictature parentale₺. Et quoique des mois auparavant, il ait connu une période de grande tristesse, qu’il ait juste eu envie de mourir, que tout le dégoûtait, il se forçait de trouver le passage dans ce bosquet épineux de son existence. Estimant que l’action valant mieux que l’attente pour son bonheur.

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M. Iraje · il y a
Toute la douleur de l'absence dans ces quelques lignes.
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Eddy Bonin · il y a
Bravo Anouna. Je suis surpris d'être le 1er à vous donner mes voix ! Tous mes encouragements...
N'hésitez pas à en faire de même si, seulement, ma nouvelle vous plait :) Un voyage au Japon en 3 minutes chrono : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/une-main-tendue-4