2
min

Vivre encore

Image de gillibert

gillibert

5 lectures

4

Un jour la mort s'est présentée à moi . une femme longue, maigre,
Laisse moi, je t'en prie, encore quelques années, je ne suis pas prête, j'aime trop la vie. S'il te plaît
La femme pâle triste, fronça les sourcils, soupira, puis murmura . pourquoi pas, au fond, je ne suis pas si pressée, je reviendrai, profite bien de ce sursis
sur ce point je lui obéis avec grande joie
Elle repassa. Cette fois, comme elle secouait la tète, je la frappai, de toutes mes forces, lui crachai au visage et criai. bref je la torturai tant qu'elle souffrit terriblement, Elle est âgée, déprimée, elle manque de forces, la pauvre. Le corps meurtri, les oreilles bourdonnantes et assourdies, l âme triste, elle s'enfuit et , victorieuse, je souris malgré mon empathie, et pus vivre encore
Elle revint, bien armée, cuirassée , préparée à l'épreuve Dès que je la vis je me levai et courus, courus vite vite et me réfugiai sous la robe brodée de la Marie sculptée de notre église: Elle connaît la règle. les temples en tout genre offrent aux malheureux fuyards un asile qu'il nous faut respecter, elle me regarda, sourit avec humour . n'avait-elle pas sa revanche? cette fois qui fuyait ? ce jeu l'amusait, je le lus dans ses yeux, Elle m'aime et me comprend, pensai-je presque attendrie
Mais deux ans plus tard je ne pus lui échapper . je marchais à l'aurore dans la belle prairie marécageuse qui s`étend derrière ma maison de campagne, tète levée, j'admirais Vénus, rêvant face à l'immensité ,
elle se dressa soudain devant moi, des larmes inondaient ses joues
- nous ne pouvons plus remettre, dit-elle.
Je tombai dans l'herbe mêlée d'eau. Un instant je sentis sa fraîcheur et mourus. Mais mon corps se mua en brouillard, lentement, il grandissait, et envahit bientôt la grande prairie et les bois des alentours : étrange sensation, le froid ne me mordait plus, et, touchant toutes choses, j'en saisissais la nature. J`étudiai , tâtant, serrant, entourant, embrassant, couvrant, je rampai aussi tâchant de me déplacer je m'allongeai, piégée dans les zones les plus basses, les plus humides. Le soleil se leva, Quelques minutes avaient bouleversé mon existence.
La chaleur rapprocha les très fines gouttes qui me constituaient, je repris une forme humaine, .
-Ai-je rêvé? pensai-je , ou Dieu m'accorde-t-il une autre vie ? Je revins vers ma maison, entrai, et, passant devant le miroir, constatai que je ne m'y reflétais point : j'étais donc un fantôme
"Il est tôt, cinq heures seulement, les routes sont encore désertes" me dis-je ; Je courus jusqu'au sommet de la petite butte qui s'élève un peu en arrière des basses terres et priai Dieu .
- Je veux vivre encore, mais sans être fantôme, accorde le moi, je t'en prie
Il me questionna . que feras-tu de ton temps ?
-J'ìrai instruire les enfants des pays pauvres, ceux qui marchent pieds nus, manquent de jouets, manquent de livres, et de poissons et je les ferai rire,
Dieu m'accorda de vivre encore
J'ai tenu parole, mais obtenir mon nouveau visa est très difficile. Si je ne puis retourner là bas, normalement je n'ai plus rien à faire sur cette terre, mais j'espère secrètement que la mort m' oubliera
Au fait Pourquoi ? Je ne sais pas. Certains jugeraient injuste et dure ma vie,, mais je l'aime, passionnément
C'est un des grands mystères de tout puissant amour  : il est fortement ressenti, entièrement assumé, mais souvent mal expliqué

4

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Miraje
Miraje · il y a
Une philosophie voilée derrière cette ultime poursuite ...
·
Image de Champolion
Champolion · il y a
Une ambiance étonnante,de riches idées...
Ceci dit:est-ce bien correct de se réfugier sous la robe de Marie?(Hi! Hi!)
Mes voix
Champolion

·
Image de Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Bonjour, j'aime bien les différentes attitudes de la mort. La mort qui se fait tabasser puis qui revient avec ne cuirasse c'est très original.
·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur