Vieux cartons

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Image de Eté 2015
Vieux cartons oubliés à moitié rongés par les souris. Ou les rats. Non, je préfère dire les souris. C’est plus petit, plus gentil. Dans un des vieux cartons oubliés, de vieilles lettres pas encore oubliées. Des grandes. Des petites aussi : les réponses aux bons vœux que j’envoyais chaque année. S.O.S. amitié. Chaque lettre est pliée dans son enveloppe. Sans doute pour éviter que les mots ne s’échappent vers l’oubli. Flash back. Des prénoms féminins : Valérie, Muriel, Catherine, Odile, Marie Luce, Barbara, Solange, Nadine. Des prénoms de garçons aussi : Pascal, Thierry, Luc, Frédéric. Tout à la fin, en signature. Au recto, sous la date, au milieu de la page, un prénom. Mon prénom. Et entre les deux prénoms, une page ou deux me prouvent que j’ai vécu. Images, souvenirs, regrets, peur d’un passé qui s’accroche à l’avenir. Que sont ils devenus tous ces prénoms ? Ils se sont unis à d’autres prénoms pour faire des prénoms d’enfants : Sarah, Galadriel, Isabelle, Damien. La vie les a happés, malaxés, compressés, digérés, engloutis. Normal, vie d’homme. Et moi j’ai peur. Peur du banal, du quotidien, de la norme. Peur du monde qui classe ou qui casse. Alors je résiste, seul, à ma façon. Non, je n’irais pas vers vous. Non je ne dors pas la nuit de peur que mes rêves se meurent. Oui, j’ai su fuir la ville, inutile. Oui je vis seul, sans âme sœur. Parce que je ne suis pas prêt. Bien sur , je connais un corps qui s’offre quand la nature se fait pressante. Mais je n’ai jamais rencontré l’âme qui sache, sans un mot, lire mon regard. Comprendre mes rêves. Rêves d’une vie qui n’est pas ma vie mais qui m’aident à vivre. Rêves d’une différence qu’il faut accepter ou subir. J’aimerais tant une main qui ne fasse qu’effleurer mes doigts. Sans histoire, sans mémoire, mais...
Souvenir qui saigne, blessure éternelle. Plaie béante qui ne se ferme pas. Qui ne se fermera jamais. J’aimerais mais j’errerais. Sans trouver de port, à la dérive. Bien sur il y a le malheur des autres. Les autres, ceux qui ne sont pas moi. Chacun sa croix. Ce malheur là, il me fait peur. Sans armes devant les larmes. Vaincu avant d’avoir soutenu. Fuir le desespoir par frayeur du retour d’un passé : maman tu pleures.
Je voudrais comprendre avant de me rendre. Ou mourir assassiné. D’un coup, sans réfléchir. Eclair, le rideau tombe,noir absolu, fin. J’ai vécu. Peur de l’avenir, peur de souffrir. Solitude, habitude, servitude. Au secours, j’ai peur. Cri d’enfant qui résonne dans ma tête. C’est bête.
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