Verdehile

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Ado rêveur qui écrit pour soulager son âme  [+]

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L'impact des gouttes sur le métal le réveilla. Gabriel battit des paupières et ouvrit les yeux. Sa tête tournait, il voyait flou. Le goût âcre du sang dans sa bouche lui donnait des nausées. Où était-il ? Que faisait-il ici ? Quelle heure était-il ?
Le jeune homme essaya de chercher dans sa mémoire des bribes de souvenirs mais abandonna bien vite ses recherches devant le mal de tête qui l'assaillait. Il ferma les yeux, se cala contre le dossier de sa chaise et respira profondément. Il remarqua alors que ses poignets et ses chevilles étaient liés par une épaisse corde. Il tenta de s'en défaire. En vain. Il était solidement attaché. Paniqué, il sentait les battements de son cœur s'accélérer et les pulsations du sang contre ses tempes. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Il devait se calmer. Sa maladie ne lui permettait pas une telle angoisse. Il inspira profondément puis expira. Après avoir répété cet exercice plusieurs fois, les battements revinrent à la normale.
Tout était calme à présent. Seul le bruit régulier des gouttes sur le métal venait perturber le silence étouffant qui régnait. Gabriel se mit à observer son environnement. Il était sur une chaise en fer, inconfortable et froide. Un spot de lumière jaune l'éclairait, le plaçant au centre du cercle qu'il formait. Devant lui, le noir. Ses yeux n'arrivaient pas à percer les ténèbres. Il distinguait seulement au loin un petit point rouge, ridicule îlot de couleur au milieu de cette mer de pétrole. A sa droite et à sa gauche, semblait se prolonger à l'infini une colonne qu'encadraient des pilonnes de métal et que des spots, disposés à intervalles réguliers, éclairaient de leur lumière crue et impersonnelle. L'odeur du sang planait dans l'air. Il faisait froid. Gabriel frissonnait. Il avait faim et soif. Et toujours en arrière fond le tintamarre des gouttes sur le métal. Elles devaient former une flaque à présent. Qu'était-ce cet endroit ? Qui le retenait ? Ne connaissant pas la réponse, il jugea prudent de ne pas crier à l'aide afin de ne pas avertir son ou ses ravisseurs. Mais s'il n'y avait plus personne ? Si on l'avait abandonné ? Que lui arriverait-il alors ? Torturé par ses pensées, il perdit connaissance.
Un claquement de porte le fit sursauter. Des bruits de pas s'approchaient. Gabriel fit mine de ne pas être conscient. Les pas s'arrêtèrent et il entendit la chute d'un objet lourd sur le sol. Toutefois il ne broncha pas.
"-Je sais que tu ne dors pas Gabriel, il ne sert à rien de jouer avec moi, dit une voix masculine mais douce "
Comment connaît-il mon nom pensa-t-il ? Il ouvrit les yeux et regarda son interlocuteur. Il ne distinguait que son ombre. A ses pieds, une forme, immobile. Il se passa quelques secondes avant que Gabriel ne réalise qu'il s'agissait d'un corps humain. Était-il vivant ou...
-" Eh bien, eh bien, on dirait que tu as peur mon cher ami, reprit l'homme.
-Qui êtes vous ? articula le jeune homme.
-Tu ne te souviens pas ? Remarque, avec le choc que tu as reçu à la tête, il n'est pas surprenant que tu ne te rappelles de rien. Peut-être que cela te rafraîchira la mémoire". L'homme poussa du pied le corps allongé devant lui. Celui-ci roula, entra dans le cercle de lumière et s'arrêta juste devant Gabriel. Il prit un air effaré. Il s'agissait d'une jeune femme blonde, le visage fin et gracieux mais figé dans la peur. Elle était nue et aussi blanche que la neige. Seules des traces de sang, tels des pétales de roses rouge, venaient tâcher sa peau d'albâtre. Les yeux bleus grands ouverts, elle présentait une morsure au cou.
"-Isa... Isabelle... s'étrangla Gabriel". Tout lui revint en mémoire : le restaurant avec sa fiancée, sa demande en mariage, la ballade au bord du lac, l'apparition de cet homme d'une grande beauté et puis plus rien, le néant.
"-Qu'est-ce que cela signifie, je ne comprends pas, hurla Gabriel.
-C'est pourtant très simple, rit l'homme. Réfléchis un peu. Une attaque de nuit, l'odeur du sang et cette magnifique morsure sur le cou de ta future femme. Cela ne t'évoque rien ?" Le jeune homme réfléchit, une idée lui vint en tête mais devant l'absurdité de cette pensée, il secoua la tête.
"-C'est pourtant bien cela mon ami, lui dit la voix de velours.
-Les vampires n'existent pas ! s'exclama Gabriel.
-Eh bien, juge par toi même, lança le ravisseur". L'être s'avança et sortit des ténèbres. Gabriel reconnut l'homme qui les avait abordés. Il était torse nu, exhibant sa musculature, et portait un pantalon noir. Grand, les cheveux blonds, l'homme avait des yeux de rubis et de longs cils qui lui conféraient un regard hypnotisant. Les traits de son visage possédaient une douceur féminine par la finesse de ses trait mais également une virilité affirmée par sa mâchoire carrée. Son sourire laissait voir des dents blanche, dont deux longues canines. Sa peau était immaculée et imberbe. Gabriel n'arrivait pas à lui donner un âge. Il resta sidéré, incapable de prononcer le moindre mot.
" -Me crois-tu maintenant ? Je suis bien un vampire, un buveur de sang comme vous nous surnommer. Verdehile, pour vous servir, s'inclina-t-il". Le vampire avança et tourna autour de la chaise, posant sa main de marbre sur l'épaule de sa victime. La sensualité émanait de tous ses gestes.
"- Admire le travail que j'ai effectué sur ta femme. Une belle morsure. J'ai bu son sang, lentement, très lentement. On n'a pas tous les jours un sang de cette qualité ! Elle a senti le fluide quitter ses veines et les battements de son cœur ralentir. Elle a sombrer pour ne plus se réveiller. Ne prends pas cet air apeuré, voyons, tu ne vas pas tarder à la rejoindre, lui susurra-t-il en caressant sa joue de ses doigts glacés". Verdehile s'assit avec une grâce presque insupportable sur les cuisses de Gabriel et le regarda droit dans les yeux, transperçant son âme. Puis il inclina sa tête et lécha le cou du jeune homme en murmurant :
"- J'aime jouer avec mes victimes. J'aime sentir leur peur, leur effroi. Certains récitent des prières inutiles, d'autres se contentent de pleurer en silence". Soudain il s'arrêta, et sourit.
" -Ne serais-ce pas une bosse que je sens là entre tes jambes ? T'attirerais-je ? Que cela est plaisant. Tu me fais penser à mon premier amant, un jeune éphèbe de la cité d'Athènes. Nous avons passé une nuit merveilleuse avant que je ne le vide de son sang". Verdehile entailla légèrement le cou de Gabriel avec son ongle. Un filet de sang coula, que le vampire goûta.
"- Hum, que c'est intéressant, une âme si pure, qui cache pourtant une grande part d'ombre ! Tu l'as cachée tout ce temps. Tu t'es caché ! Et si on la libérait ? Si on lui laissait libre cours ? Comme cela serait amusant, tu ne crois pas "? Sous le regard apeuré de Gabriel, le vampire déboutonna sa chemise, lui caressa le pectoral gauche et avec un sourire sadique planta ses crocs dans le cœur du jeune homme qui hurla de douleur...
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Nour · il y a
Flippant! Très bien mené, bravo.
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Arlo G · il y a
À L'AIR DU TEMPS d'Arlo est en finale du grand prix été poésie. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bonne journée.
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Utilisateur désactivé · il y a
Très prenant terrifiant bravo mon vote
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Keith Simmonds · il y a
Terrible, cette histoire...mes votes et je vous invite à venir soutenir mon Kidnapping, MErci.
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Arlo G · il y a
Vampirisme extrêmement salivant. Un vampire sadique en plus. Bravo. Tout à fait dans le thème et très réussi. Les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir son dernier poème " à l'air du temps" retenu pour le prix été poésie. Bonne journée à vous.
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Oliv Yeah · il y a
J'adore !
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Abi Allano · il y a
Une histoire horrible qui fait froid dans le dos. Bravo. Mes votes!
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Yoann Bruyères · il y a
Plutôt bien écrit :) quelques fautes et tournures étranges qui trainent par-ci par-là, la scène et le décor sont bien décrits, c'est bien dosé
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Chantane P. · il y a
horreur ! horreur ! belle plume, que de frissons! mon vote, mon maximum +4 , et bonne chance