Vendredi 4 Mars - Paragraphe 5

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Je viens de me lancer un défi! écrire une histoire en feuilletons sans scénario initial. 300 mots par jour pendant 10 jours. Thème: Une dystopie dans une société sous haute surveillance  [+]

Elle retourne vers le bâtiment de l'aéroport et se met à errer dans le grand hall qui est inhabituellement calme. Elle marche comme un automate pendant un long moment, sans avoir plus conscience de l'endroit où elle se trouve. Quand elle reprend ses esprits, elle est en face d'un petit café situé à une extrémité de l'aéroport. Elle s'aperçoit alors qu'elle n'a plus ni sac à main ni valise. Elle n'a gardé que la photo dans son cadre blanc, qu'elle serre dans sa main droite. Il y a peu de clients dans le café, surtout des voyageurs d'affaires, assis seuls à leur table, le téléphone à la main, ou penchés sur leur ordinateur. Elle se met à dévisager les gens assis, comme si elle cherchait quelqu'un. Elle remarque un homme de haute stature, debout au comptoir, qui lui tourne le dos. Comme le serveur commence à lui jeter des regards méfiants, elle finit par s'asseoir à une table juste devant elle. Elle pose le petit cadre devant elle. Ses enfants lui sourient à dix ans de distance. Ils étaient au collège à cette époque. C'est son ex-mari qui avait pris cette photo et lui avait envoyé durant sa première semaine d'emprisonnement. L'aîné a posé la main sur l'épaule du cadet dans un geste protecteur. Tous deux regardent l'objectif gravement et sans sourire. Malgré la tension apparente sur leurs visage, elle entrevoit un reflet de la douceur de l'enfance sur leurs traits délicats. Elle se met à scruter la photo dans tous ses détails, les vêtements qu'ils portaient ce jour-là, le décor derrière eux, leur posture, l'expression de leurs visages juvéniles. Son regard se trouble et de nouveau apparaît l'image horrible diffusée sur les écrans de l'aéroport plus tôt. Elle est imprimée dans son esprit. Ce sont ses deux fils, dix ans plus tard. Leurs visages sont émaciés, les traits sont devenus anguleux, le regard austère et froid. Mais c'est l'expression de leurs yeux qui l'a terrifiée, un regard dur, exalté, fanatique. Ils sont assis en tailleur, l'un à côté de l'autre et dans la main droite ils brandissent une kalachnikov.
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