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Charieau

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Le soleil passe à travers les persiennes quand Virginia se réveille et aussitôt, elle se précipite vers la fenêtre et l'ouvre en grand. La lumière se reflétant insolemment sur le Rhône l'aveugle un instant et met au comble son excitation. Elle se penche pour apercevoir plus encore le fleuve immense, étincelant, au-dessus duquel un ciel limpide tend sa toile. Elle aspire fortement les odeurs venues des berges, des platanes bordant la promenade, du bougainvillier accroché à la rambarde du balcon. Elle ouvre les bras pour embrasser les rayons chauds du soleil, pour offrir son visage et tout son corps, à cette nature vivante, grouillante de bruits. Elle ferme les yeux pour écouter le pouls de la ville, pour attraper des bribes de conversations dans cette langue si chère qui lui a tant fait défaut tout l'hiver.
Remplie de lumière et de douceur, elle se tourne à présent vers la chambre, laissant son regard se déposer sur le moindre meuble, le moindre objet. Elle reprend possession de son domaine, de cette pièce que tante Mireille entretient avec dévotion en attendant son retour. Fébrilement, elle marche jusqu'à l'armoire, sous ses pieds nus, le parquet tiède craque et enroule à ses chevilles de doux frissons. Elle s'admire dans la grande glace, fait tourner les volants de sa chemise de nuit puis s'arrête brusquement et promptement ouvre la porte du garde robe. Surgissent alors des chemisiers en dentelles délicate, des jupons colorés,des châles aux points de crochet,des corsages tendus de coton et brodés de coquelicots ou de cigales. Prise d'une joie intense, elle applaudit ce merveilleux spectacle de couleurs puis, frénétiquement, s'empare du chapeau de paille à large bord rangé sur l'étagère du haut et descend dans la cuisine.
Albert, Jules, Camille et Rosalie sont là, déjà debout, aidant leur mère. Tante Mireille, ravie de la voir, s'essuie les mains sur son tablier et lui tend les bras au creux desquels elle disparaît incontinent.
Blottie contre ce corps généreux au subtil parfum de lavande, elle ne peut retenir une larme de contentement qu'aussitôt elle sèche, offrant une figure épanouie à ses cousins empressés de l'embrasser à leur tour. Newcastle est bien loin, son cœur est désormais voué et ce jusqu'à la fin de l'été, au pays de sa mère.
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Atoutva · il y a
Un portrait qui sent bon la Provence.
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Charieau · il y a
Oui absolument merci beaucoup
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Ginette Vijaya · il y a
Jolis et beaux parfums d'été .
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Charieau · il y a
La Provence! Toute une histoire!
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Un bien joli moment que nous partageons là !
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Charieau · il y a
Merci pour votre passage
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