une vie underground

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J'anime des ateliers d'écriture dans la joie et l'intuition, le partage des sensations et laisse l'hémorragie de vérité inonder l'espace. voici un lien  [+]

Une vie underground

L’usure des souliers de seconde main, des sandales bon marché, abimées, relâchées, détendues, des pompes à trois francs six sous, en plastique fabriquées en Chine ou à Taiwan, on y est jamais allé dans ces pays émergeants où il manque de la main d’œuvre, ils s’étouffent avec le travail qui leur ruine la santé, allongés à même la machine à coudre, épuisés éreintés vidés affamés torturés sous la pression de la cadence à tenir avec la hantise d’être remplacé s’ils relâchent leur attention. Alors ils ne relâchent rien, ils sont devenus des automates humains, ils font des gestes que leur corps a pris l’habitude de faire, sans état d’âme.
De mon bureau je vois le défilé d’individus ballotés de rues en pavés, de cailloux glissés dans la chaussure, qui avancent coûte que coûte en rêvant peut-être à la Chine, le paradis du travail, l’orgie en perspective en parallèle à la pénurie de boulot dans notre entrevue, au travers des écrans, du monde électronique et virtuel et qui ont tant supporté pour gagner le droit d’être là, même traverser des océans à la nage.
Il y a dans ce récit l’histoire des personnages qui ont peuplés mes nuits et mes jours, qui m’ont inquiétés par leur absence, nous avons partagé des rires, des sourires, des sous-entendus, des compromis, des quiproquos, des pourquoi pas, de minuscules découvertes sur le retentissement de leur style, leur façon d’être, leur rapport au monde réel, celui qui fait mal. Je travaille désormais dans la mondialisation de la misère, au travers des écueils de territoires, des rebroussements de soi.
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