une vie underground

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J'anime des ateliers d'écriture dans la joie et l'intuition, le partage des sensations et laisse l'hémorragie de vérité inonder l'espace. voici un lien  [+]

Une vie underground

L’usure des souliers de seconde main, des sandales bon marché, abimées, relâchées, détendues, des pompes à trois francs six sous, en plastique fabriquées en Chine ou à Taiwan, on y est jamais allé dans ces pays émergeants où il manque de la main d’œuvre, ils s’étouffent avec le travail qui leur ruine la santé, allongés à même la machine à coudre, épuisés éreintés vidés affamés torturés sous la pression de la cadence à tenir avec la hantise d’être remplacé s’ils relâchent leur attention. Alors ils ne relâchent rien, ils sont devenus des automates humains, ils font des gestes que leur corps a pris l’habitude de faire, sans état d’âme.
De mon bureau je vois le défilé d’individus ballotés de rues en pavés, de cailloux glissés dans la chaussure, qui avancent coûte que coûte en rêvant peut-être à la Chine, le paradis du travail, l’orgie en perspective en parallèle à la pénurie de boulot dans notre entrevue, au travers des écrans, du monde électronique et virtuel et qui ont tant supporté pour gagner le droit d’être là, même traverser des océans à la nage.
Il y a dans ce récit l’histoire des personnages qui ont peuplés mes nuits et mes jours, qui m’ont inquiétés par leur absence, nous avons partagé des rires, des sourires, des sous-entendus, des compromis, des quiproquos, des pourquoi pas, de minuscules découvertes sur le retentissement de leur style, leur façon d’être, leur rapport au monde réel, celui qui fait mal. Je travaille désormais dans la mondialisation de la misère, au travers des écueils de territoires, des rebroussements de soi.
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Flip · il y a
Le caillou est si petit, si loin, qu'on finit par s'en accommoder. Le monde boîte, marche de travers, mais nous espérons en silence que quelqu'un lui trouvera des béquilles à sa taille au lieu de lui apprendre à marcher. Je vous écoute, vous lis et vous suis... c'est déjà ça... je suis trop gâté, trop égoïste, pour faire plus. Merci de votre écriture, elle m'emporte plus loin que le minuscule bout de mon nez.
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Kate Dü · il y a
Merci pour votre commentaire et la lecture de cette prose inspirée!
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prijgany prijgany · il y a
Ah que oui qu'il avance le Nouvel Ordre Mondial, occasionnant bien des souffrances et ce n'est pas fini hélas. La liberté des consciences est remise en question ; la liberté individuelle menacée. J'aurai du naître en 1905 ; j'aurais échappé à la première boucherie, mais sans doute pas à la 2e. D'aucun(e) dirait qu'on n'est pas si mal en somme ; moi je doute, comme le philosophe Pyrrhon, une référence pour moi. bravo kate. A l'occasion viens relire mon vizie au mali, ça te changera les idées. Là il n'est pas question du N.O.M.
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Eric Chomienne · il y a
Refuser d'être une ombre, d'être enterré vivant, pour espérer vivre décemment, la tête haute quitte à tout perdre, tout donner. Merci pour ce moment qui dérange ou qui ouvre nos yeux de taupe
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Bilan tragique d'un monde dit moderne où l'homme se sent de plus en plus écrasé.
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Grenelle · il y a
OK Je ne marche plus.
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Joëlle Brethes · il y a
La mondialisation de la misère est en marche... et l'inacceptable se banalise !
Tragique !

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JPM · il y a
Etouffant aussi
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Kate Dü · il y a
Merci d'avoir voté, car il y a tant de textes! Étouffant c'est vrai aussi, c'est une sensation, un tournis au fond qui emporte au creux des pourquoi pas
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Miss Free · il y a
Je le trouve intense ce TTC.
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Kate Dü · il y a
Merci Miss Free! D'avoir voté et commenté, l'intense m'émeut!

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