Une vie qui ne tient qu'à un fil...

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Cela faisait déjà quelques jours qu’il était parti. Il l’avait quittée sans même se retourner, pour une autre sûrement. Elle, elle était là, allongée lamentablement sur le lit, se remémorant son passé.

Elle en avait vu du pays, fait des dizaines, non, des centaines de kilomètres sur des routes pleines de dangers toujours à ses côtés. Lorsqu’elle était triste ou se sentait seule, elle savait vers qui se tourner. Il était toujours là, prêt à la soutenir. D’ailleurs pour rire, ils se disaient souvent que s’ils étaient oiseaux, c’était sans aucun doute sous des plumes d’inséparables qu’ils auraient vu le jour.

Elle se rappelait le jour de leur rencontre, un peu par hasard, en Tunisie. Ce jour-là, des milliers de candidats participaient à un jeu un peu simpliste, dont le seul but était de se rassembler par paire, habillés de la même couleur. C’est logiquement qu’il s’était approché d’elle, il est vrai, un peu poussé par d’autres. Mais le destin les avait réunis. Ils avaient gagné un voyage en bateau pour l’Europe. Ils étaient si jeunes, des rêves à revendre, des projets à ne plus savoir qu’en faire. Ils auraient voulu aller dans l’espace, ou même suivre un président 24 heures sur 24. Mais bon, les rêves ne se réalisent que rarement. Et de toute manière, son rêve à elle s’était de se trouver à ses cotés.

Elle se souvenait qu’il n’y a pas si longtemps de cela, le matin, ils buvaient un jus ensemble, avant de partir travailler. Elle, ne voyait que le bon côté des choses, alors que lui, commençait à douter, emporté par la routine des jours qui défilaient.

Mais depuis quelque temps, il lui avait semblé que ses regards se tournaient vers d’autres, plus jeunes, habillées de couleurs gaies, de rouge, de vert, de jaune. Alors qu’elle, dans sa robe blanche qui ne l’était plus vraiment, dont l’éclat s’était terni au fil du temps qui passe, se sentait délaissée.

Elle avait le moral au plus profond de ses fibres et se disait qu’il l’avait laissé tomber. Elle aurait voulu pleurer, mais rien ne se passait.

Soudain, au milieu de ses songes, telle une tornade, un petit garçon la pris avec lui. Les pièces de la maison où elle se trouvait défilaient. Elle prit peur. Elle n’eut pas le temps de réaliser ce qu’il lui arrivait qu’elle se retrouva enfermée dans une pièce obscure. Elle entendait d’autres personnes, près d’elle, mais sans pouvoir vraiment les distinguer. Puis un grand vacarme, sa tête se mit à tourner, et plus rien. Lorsqu’elle revint à elle, sa première pensée fut que sa vie s’était ou allait s’arrêter là.

Tout à coup, le petit garçon ouvrit le gros hublot de la machine à laver, et prenant une vieille chaussette qui n’avait plus de double, il l’a mis à la poubelle et dit :
« Maman, la lessive est faite... »
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