Une vie de scène

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Comme chaque fois que je m’apprête à monter sur scène, mon cœur s’accélère, battant une cadence soutenue dans ma poitrine. Je n’ai pas le trac. Je ne l’ai d’ailleurs plus ressenti depuis des années. Je me souviens de mes premières scènes, mes mains moites qui faisaient glisser ma guitare, les projecteurs qui m’éblouissaient plus que nécessaire, les fans hystériques qui me donnaient mal au crâne à force de crier. Aujourd’hui, j’ai appris à gérer tout ça, et je dois dire que je me débrouille plutôt bien. Je suis tellement à l’aise maintenant que c’en est devenu une seconde nature. La frénésie de mon cœur quand je m’apprête à monter sur scène, les cris des fans qui m’appellent encore et encore, le plaisir de jouer avec mon groupe sur scène, cette communion incroyable qui nous unit. Rien n’est plus grisant que de jouer quelques morceaux pour recevoir l’adoration de la foule. Bien sûr, il y a aussi les groupies. Si j’en avais envie, je pourrais en ramener une différente chaque soir et il y a des fois où je ne m’en prive pas. Honnêtement, entre mecs, ça ne flatte pas l’ego d’avoir une horde de gonzesses toutes plus belles que les autres se pendre à votre bras ? Et le pire, c’est que je n’ai même pas à faire quoi que ce soit ! Je leur jette à peine un regard et comme par magie, elles se retrouvent à côté de moi à me coller comme si leur vie en dépendait. Non pas que je m’en plaigne hein, mais certaines sont vraiment collantes. Elles te suivent comme des sangsues, espérant un numéro de téléphone pour te recontacter. Elles ne comprennent pas que je n’ai pas le temps pour une relation sérieuse et exclusive. Pas le temps, et surtout pas l’envie. Ma vie est très bien telle qu’elle est et je ne l’échangerai pour rien au monde. Je n’ai pas envie qu’on me passe la corde au cou maintenant.
L’ingénieur son vient me taper sur l’épaule pour me signifier que ça va être à moi. J’entends le présentateur m’appeler :
— Et maintenant Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir le grand MATHIAS CELIER !!
Un grand sourire vient barrer mon visage et, sous les cris du public, je monte sur scène. C’est la folie. Les fans hurlent, tapent des mains, frappent leurs pieds sur le sol. Certaines filles me jettent même leur culotte sur la scène. Cette manie de m’offrir leurs sous-vêtements m’aura toujours fait rire. Je secoue la tête avec un sourire amusé et me place devant mon micro. J’embrasse mon public du regard. Je peine à croire que j’ai réussi à arriver jusque-là. Mon rêve de gosse.
Je lance des clins d’œil à la ronde et je crie :
— Vous êtes prêts Miami ?!
Un bruit assourdissant me répond en retour. Il n’y a vraiment rien de plus beau au monde. Sentant le public vraiment chaud ce soir, je me tourne vers mes musiciens. Ils acquiescent et la première note retentit sous les cris des fans.

Un bruit de klaxon me sort de ma transe et je secoue la tête pour me reprendre. C’est bien beau de rêver, mais il faut maintenant que je prenne les choses en main. J’attrape l’étui de ma guitare et entre dans la maison de production des rêves plein la tête.

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