Une renaissance

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D'abord, elle ne le croit pas. Le médecin le lui a annoncé. Elle demande à l'amie venue l’assister à son réveil : Est-ce que j'ai subi l’ablation de mon sein? Elle supporte mal les anesthésies, a un mauvais réveil. L'amie se renseigne auprès du chirurgien. Elle revient la mine défaite.
Comment annoncer cela à une personne du même âge que soit, et le drame qui se joue en cet instant. Avec délicatesse, cependant, elle lui annonce ce qu'elle savait déjà, en précisant qu’il aurait fallu intervenir deux ans plus tôt pour éviter cela. Et ce sont des larmes de peine et de douleur. C'est une mutilation, mais c’est le prix à payer pour continuer a vivre. Combien de temps encore?....

Puis, viennent les années de réadaptation physique et psychologique, les séances de chimio ou de radiothérapie pour se battre avec vigueur, continuer la lutte, ne pas faire gagner la maladie, et petit à petit la vaincre.
Deux années de lutte sans signe de rechute, puis vient le temps de la reconstruction. Considérée comme guérie, elle avait repris le travail. Elle revivait enfin comme les autres e n cachant le problème à ceux qui ne savaient pas. D'abord, elle avait mis une prothèse en silicone en attendant la reconstruction qui ne pouvait se faire avant deux ans après l'opération.
L'amitié, la famille, les enfants qui l'entouraient, et les collègues de travail lui ont permis de vivre comme tout le monde ou presque. Personne ne pouvait imaginer par quelles étapes elle était passée. D'un très fort caractère, elle vivait et agissait comme si la maladie ne la concernait plus. Elle ne devait et ne voulait pas s’empêcher de vivre.

Il reste cependant, toujours une appréhension. Les contrôles se font régulièrement tous les ans, voire au début tous les six mois, avec la crainte d'une probable rechute.
Elle a déménagé pour se rapprocher d'un de ses enfants, pour ne pas rester seule et vivre tranquillement le reste de sa vie.

Puis la vie a repris ses droits. Le soleil brille à nouveau en ce printemps précoce. L’air est doux, elle respire à plein poumons. Le vent arrive dans sa chambre, léger, frimeur, pour lui signaler, enfin le plaisir de vivre.
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