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Une passion enivrante

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Nolwenn Guezo

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En ce soir de réveillon, je choisis de passer la soirée seule dans cette magnifique ville de TEL AVIV que j’apprivoise depuis quelques mois déjà. Mon programme pour terminer cette année en beauté est le suivant : séance de cinéma de 18h à 20h qui me conduira ensuite dans un petit restaurant pour y savourer un met local, enfin j’achèverai cette journée une coupe de champagne à la main avec en fond sonore le tintement des cloches annonçant minuit.
Mes plans ont été quelque peu modifiés avec la rencontre fortuite d’un charmant garçon, le guichetier du cinéma. Je l’ai remarqué dès mon entrée et je l’ai revu dans le hall à la sortie pendant qu’il clôturait sa caisse, c’est alors qu’il m’interpella pour me demander si je voulais aller boire un verre d’ici 10 minutes. Vu les circonstances, je lui ai répondu oui sans hésiter. Le temps de fumer une cigarette et mon inconnu se glissa à ma droite. Je connus enfin le nom de l’homme qui me faisait face : Yonah. Voici un léger descriptif de ce dernier (pour que votre imaginaire vous dépeigne un portrait au plus proche de mes pensées) avant de continuer mon récit : Yonah est un trentenaire d’1m83, brun aux yeux verts, assez carré d’épaule, artiste pendant une grande partie de son temps et le week-end il survit grâce à de petits boulots. Cet israélien de naissance est cultivé, drôle, avenant sans oublier de préciser qu'il a un charme ravageur... Après une discussion des plus intéressante et l’absorption de deux breuvages alcoolisés, nous avons marché toute la nuit dans la ville. Nous avons longé le port, nous nous sommes dirigés vers la vieille ville. Nous avons fait des millions de cent pas sans but et sans lieu précis. Pendant toutes ces heures, il n’y a eu aucun rapprochement physique entre nous, simplement des paroles, des rires échangés. Pas même un baiser furtif sur la joue. Vers 6h du matin, on prit la décision de rentrer. L’appartement le plus proche était le mien. Arrivés à bon port, on cuisina des pâtes qu’on engloutit à vitesse grand V puis épuisés on se dirigea vers le sofa. S’en suivit alors un moment inoubliable. Il m’a observé me déshabiller sans dire un mot et sans bouger un orteil. Il me scrutait avec un regard qui me donnait confiance en moi, qui m’élevait, me faisait me sentir irrésistible, me procurait un plaisir intense. Personne avant lui ne m’avait regardé de cette manière. Pourtant exténués, nous ne nous sommes pas reposés bien au contraire. Se fut la plus excitante après-midi de ma vie. Jamais je n’avais joué à un tel jeu de séduction, n’avais jamais accepté et osé faire l’amour comme cela : autant de vivacité, de cohésion, de temps écoulé à éprouver autant de jouissance. Nous étions comme deux pièces de puzzle nées pour s’emboiter et ne former qu’un. Jusqu’à l’aube du lendemain, pendant 24h non-stop, nous avons mis à l’honneur un seul mot : l’amour au sens large du terme.
On s’est nourri à la simple chaleur de nos corps, on s’est rafraichit avec un simple gant humide qui avait également pour fonction de stimuler nos sens. Je m’explique, nous enfermions un glaçon à l’intérieur et nous le faisions à tour de rôle ruisseler de nos poitrines jusqu’à nos parties intimes. Pour résumer, nous avions passé une journée d’ivresse et de sexe indescriptible.
Je crois qu’il était aux environs de 8h quand je me suis assoupie. A mon réveil deux heures plus tard, mon lit était vide. Il avait dû profiter de ma courte sieste pour filer à l’anglaise. Sur ma table de chevet trônait une lettre riche de 3 pages dans laquelle il m’expliquait avec une vive émotion notre rencontre et notre marathon érotique. Il y parlait également de lui, de moi, de nous, de sa peur de l’engagement, de sa crainte de m’aimer mais pas comme il le faudrait, pas à ma juste valeur. Dans mon esprit, la conclusion de cette bafouille se fit sans attendre : Je t’aime mais je te quitte.
Anéantie par ses mots, les yeux inondés de larmes, je me blottis sous la couette en position fœtale.

PRIX

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Adibro · il y a
Belle passion éphémère, j'ai vraiment bien aimé votre texte
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Keith Simmonds · il y a
Une œuvre charmante, bien écrite et sensuelle ! Mon vote ! Une invitation à lire et soutenir, si vous l’aimez, “Mon Amour” qui est en FINALE pour le Prix Saint-Valentin 2018. Merci d’avance et bonne soirée!
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/mon-amour-36

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Miraje · il y a
Désolé pour ce passage bien tardif.
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Lammari Hafida · il y a
Un beau texte , mes votes ! Je vous invite à lire < Tôt , dès l'aube > belle journée
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Francis Etienne Sicard Lundquist · il y a
Très beau texte dans le détail et la sensualité foisonne dans un univers si particulier don votre écriture s'est très bien rendre la poésie et la beauté. Je vote avec grand enthousiasme. Cordialement, Francis Étienne. Bonne chance !
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Chantal Noel · il y a
Ce n'était pas le bon... Bravo
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Lyse Charpentier Leuxe · il y a
Il est des histoires d'amour qui sont de l'ordre de l'impossible bien que très belles ! C'est ce qui différencie l'amour de la passion justement qui ne brule qu'un instant mais reste éternelle dans le souvenir! Merci pour vos mots !
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Françoise Grand'Homme · il y a
On vous suit pas à pas sur le chemin de cette passion brûlante mais éphémère, comme un papillon.
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Mica Mike · il y a
Magnifique Nolwenn...vraiment,merci.
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Nordaug · il y a
Aimer ne donne aucun droit sur l'être aimé . Yonah applique ce libre principe . Ecriture sans complexe lecture agréable .
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