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Une maladie grave

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Clarajuliette

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Je n’irai plus.
En marchant sur ce trottoir, je regardais mes chaussures. Il fallait qu’elles s’arrêtent d’avancer, de me mener là où je ne voulais pas.
Dans la cour des HLM, les grandes poubelles étaient sorties, pleine de saleté, de pourritures, de ces microbes qu’on ne voit pas mais qui nous envahissent, rentrent sous les vêtements, traversent la peau, le sang et finissent par pourrir tout notre corps, nous bouffer de l’intérieur et ne laisser que des morceaux de peau puante.


Je grimpais à l’intérieur d’une poubelle, suffisamment remplie, bien sale, suffocante. Le couvercle refermé sur moi, j’attendais, les pieds dans ce qui devait être des épluchures, les mains déplaçant diverses bouteilles de vinasse aigre, le visage coincé contre des fruits pourris.
J'attendais.
Sans bouger, j'attendais que les microbes viennent m'envahir. Eux et moi étions enfermés ensemble, reliés par cette pourriture amie. J'avais beau attendre, la maladie ne venait pas. Je sentais encore mes pieds, mon ventre, mes mains remuer les ordures.
La maladie ne venait pas si facilement, je devais sans doute lui montrer le chemin à prendre.
J'attrapais une orange toute moisie, toute verte et duveteuse. Le jus qui coulait dans ma gorge était amer, c'était le goût de la maladie qui allait s'installer définitivement et qui me sauverait.


C'est vrai que j'aurais mieux aimé une maladie plus propre, des microbes qui sentent bon, attraper une belle maladie finalement, une maladie pas emmerdante, qui me laisse manger des desserts et aller jouer dehors.
Mais quand même une grosse maladie pour ne plus jamais aller à l'école, plus jamais.

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