Une histoire d'évasion

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Hantent mes pages et mes pensées Ailes de dragon, fines, nuancées Drôles de monstres et temps qui vente Amères héroïnes, simples passantes Superbe mer, forêt immense Souple amandie  [+]

C’était dans cette ville que nous avions trouvé refuge. Plus précisément dans ses sous-sols, vastes et labyrinthiques mais aussi sombres et humides. Ils regorgeaient de rats bien gras, nourris des déchets que les habitants jetaient dans les égouts et les rues. A défaut d’autre chose, nous en faisions nos repas. Quelquefois, nous nous aventurions à la surface, à la recherche de mets plus délicats, mais même dans cette cité reculée, il fallait être prudent...Malgré tout, notre existence n’était pas malheureuse. Notre communauté était unie et solidaire et j’étais peut-être encore porté par l’optimisme de la jeunesse lorsque le funeste événement est arrivé.
Depuis les bas-fonds, nous avons entendu de loin la terre trembler, le grondement des sabots des chevaux contre le sol, le galop effréné des armées en mouvement. J’étais comme à mon habitude avec mon ami Caus, occupés à deviser sur le monde et à le refaire. Lorsque nous avons compris le sens du vacarme qui se rapprochait, il était déjà trop tard. Bien sûr, les adultes, grâce à leur plus grande expérience, savaient ce qui se préparaient : une bataille.
Celle-ci avaient eu lieu à l’extérieur des remparts, les assaillants avaient gagné et étaient entré dans la ville. Pour nous, terrés dans les souterrains, cela n’aurait rien dû changer. C’est ce que nous pensions tous ce jour-là.
Mais soudain, une troupe armée envahit le souterrain. Ce n’est que quelques jours plus tard que je compris ce qu’il s’était passé : quelqu’un nous avait trahi. Les soldats se mirent à nous poursuivre, à nous capturer. Caus et moi, comme tous nos compagnons, tentions de nous échapper, en courant dans tous les sens. Il me sembla entendre ma mère m’appeler, mais dans le brouhaha, c’était difficile de la retrouver...Sans savoir trop comment, Caus et moi nous sommes retrouvés à l’air libre hors de portée de nos poursuivants.
Le lendemain matin, ma décision était prise : j’allais délivrer mes amis et ma famille. Je savais que les soldats les garderaient enfermés dans les cachots du château, et à force d’explorer les souterrains, je savais comment m’en approcher sans me faire voir.
- Qu’est-ce que tu en penses, Caus ?
- Hmmm, écoutes, ça me semble être une bonne idée. Tu as un plan ?
- Non, pas vraiment, je pensais m’approcher de la prison par les souterrains. Après, je ne sais pas...Tu sais bien qu’une porte en fer sans serrure bloque l’accès...
- On pourrait utiliser mon pouvoir pour passer de l’autre côté...mais je ne sais pas sur quoi on va tomber, c’est risqué...
- Eh bien ! Alors ce sera à mon tour d’utiliser mon pouvoir pour passer inaperçus !
- Bien pensé ! On se lance ?

C’est ainsi, que, le ventre vide, nous nous sommes lancés dans notre mission. La première partie s’est passé sans problème. Il n’y avait plus personne dans les souterrains. Arrivés devant la porte de fer de la prison, Caus utilisa son pouvoir, et une demi-seconde plus tard, je déclenchai le mien. Mon ami pouvait nous téléporter sur deux mètres, tandis que moi, je pouvais faire tomber une obscurité totale dans un endroit pendant quelques secondes. Heureusement, notre communauté voyait parfaitement dans la nuit.
Nous avions été téléportés dans un vaste couloir où deux soldats pestaient contre les flambeaux qui s’étaient éteints. Ils ne nous avaient donc pas vus !
Par contre, au détour du couloir suivant, alors que nous nous hâtions, nous fûmes soudain étourdis ! Avant de nous en rendre compte nous étions sur notre derrière : nous venions de rentrer en collision avec une petite fille qui nous regardait avec stupeur. Je fermais les yeux : c’en était fini de notre aventure...
-Ooooh, je vois, finit-elle par murmurer. Vous êtes là pour délivrer vos compagnons...
J’ouvris un œil, étonné qu’elle ne se soit pas mise tout de suite à crier pour alerter les gardes.
- Je vais vous aider ! Je suis la fille du chef de la prison et je trouve que ce qu’on vous fait est vraiment cruel ! Suivez-moi !
Nous n’avions pas le choix, et nous lui emboitâmes le pas.
Elle ne nous avait pas menti : dans un des cachots où elle nous avait guidé, nos compagnons étaient enfermés. Elle nous fit un clin d’œil :
- Bon, eh bien moi je m’éclipse ! Bonne chance !
Il n’y avait pas de garde dans le secteur, et rapidement, Caus a fait sortir les prisonniers par téléportation. Nous avons ensuite profité de l’architecture de la prison pour mettre encore le pouvoir de mon ami à contribution : j’avais repéré qu’en restant caché des soldats il pouvait nous transporter dans nos souterrains, d’où nous nous sommes rapidement dispersés dans la ville, nous fondant dans le décor.
Nous nous sommes ensuite retrouvés près des remparts, dans une zone que l’armée d’envahisseur avait détruite, et nous nous sommes enfuis dans la campagne.
Il nous restait encore à trouver un nouveau refuge mais au moins nous étions libres !
Ah, et une dernière chose, je ne me suis pas présenté : je suis Cela, membre du peuple des chats magiciens. Notre peuple a toujours été poursuivi pour ses pouvoirs, unique pour chaque individu. Un jour, peut-être que cela changera...
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