Une étrange disparition

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« Avez-vous déjà eu cette impression que quelqu'un vous observe ? Que cette personne ne vous quitte pas des yeux, elle vous fixe avec insistance. Et bien moi je l'ai en permanence, c'est comme si on me suivait partout, tout le temps... Ce frisson qui m'est si familier, qui me parcours la colonne vertébrale, j'aimerai qu'il disparaisse. J'aimerai que cette peur me quitte et me laisse tranquille, je voudrai de nouveau pouvoir m'endormir sans me réveiller au beau milieu de la nuit à cause du parquet qui grince ou d'une porte qui claque. Je voudrai retrouver ma vie d'avant, celle où mes démons n'étaient que des monstres innocents cachés sous mon lit... »

Je ferme brusquement mon carnet ce qui a pour effet de réveiller mon père qui commençait à s'endormir dans son fauteuil :
- « Debout, c'est l'heure ! »
Le vieil homme s'étire et se redresse difficilement. Tous les ans, à la même date est organisé une sorte de bal pour rendre hommage aux personnes décédées ou disparues et tous les ans depuis maintenant huit ans nous y allons. Mon père daigne finalement se lever et part en direction de la cuisine :
- « Va te préparer, moi je le suis déjà. »
Je lève les yeux au ciel et pars en direction des escaliers. Je gravis les marches une à une et arrive finalement dans ma chambre. Je range mon carnet dans sa cachette habituelle et ouvre mon placard. J'attrape la housse dans laquelle se trouve ma robe pour ce soir. Un frisson me parcourt entièrement et je me retourne d'un bond. Personne. Et pourtant, je suis persuadée que quelqu'un est en train de m'observer... Ça va faire maintenant cinq ans que j'ai cette impression, celle que quelqu'un me suit partout où je vais. Je pousse un long soupir, cette situation me fatigue et m'effraie, je ne dors presque plus la nuit. J'étais persuadée que cela finirai par passer mais non. C'est même en train de s'empirer, des choses étranges se produisent alors que je me rapproche de mes dix-huit ans... Je sors ma tenue de sa protection et m'observe dans le miroir. C'est la même que je porte tous les ans pour cette occasion. Un autre soupir... J'ai besoin de changement, je n'en plus de cette routine, de ces questions, de leurs regards, de leur pitié. J'ai besoin de nouveauté, pour ça commençons par leur prouver que je vais bien. Je jette ma robe sur le lit et me dirige vers la chambre de ma sœur, j'ouvre la porte et m'avance au milieu de la pièce. Rien n'a changé, c'est toujours la même disposition, la même odeur. Je m'approche de son placard, prends une inspiration et l'ouvre. Une odeur de renfermé et d'humidité m'enveloppe. Mais il y a autre chose, je sens une présence près de moi, comme si quelqu'un se tenait debout à mes côtés... Je ne suis pas seule, j'en suis sûre... Cette présence est de plus en plus oppressante, elle ne semble pas me vouloir du bien... Cette impression se fait plus forte quand d'un seul coup je sens quelqu'un m'attraper par les épaules et me tirer en arrière ce qui a pour résultats de me faire tomber à la renverse. Je reprends difficilement mes esprits quand je vois une ombre ramper vers moi à une vitesse fulgurante. Je me recroqueville sur moi même et pousse un hurlement. Au moment où la chose me saute dessus elle disparaît. Je suis de nouveau seule dans cette pièce froide qui dégage pourtant une chaleur réconfortante. La terreur laisse petit à petit place à un calme qui s'empare de moi, comme si quelqu'un que je connaissais se trouvait à mes côtés. Ce n'est pas pour autant que je vais rester ici, d'un bond je me redresse, ferme le placard et sors de cette chambre en claquant la porte ! Je cours me réfugier dans ma chambre, je me laisse glisser le long de la porte et reprends mon souffle. Plusieurs minutes s'écoulent et c'est alors que je remarque une housse déposé sur mon lit. Je me lève et m'approche de celle-ci. La robe que j'avais prévu de mettre traîne toujours, je la pose un peu plus loin et ouvre cet étrange surprise. La première chose que je remarque est une petite lettre déposée sur le tissu. Je l'ouvre délicatement car le papier à l'air fragile. Je lis l'inscription à voix haute :
« Pour toi, qui n'a jamais cessé de m'aimer et qui ne m’oublie pas... »
Elle n'est pas signée. Je sors le vêtement de sa prison et reste bouche bée. Kylie... Cette robe lui appartenait... Comment a-t-elle atterrie ici ? Je m'apprête à la ranger mais je sens qu'il y a encore quelque chose dans la housse. Je fini par trouver une fermeture à l'intérieur. Je l'ouvre et tombe sur un petit carnet et plein de papiers. J'en attrape quelques uns et les ouvre. Ce sont des lettres, toutes me sont destinées. Mais... Elles datent toutes de ces dernières années. C'est impossible ! Kylie a disparu il y a huit ans, j'avais neuf ans mais je m'en rappelle très bien, les articles, les recherches, tout ! Je balance tout dans la poubelle, même la robe. Je me laisse tomber par terre, à côté de ce carnet que je n'ai pas encore ouvert. Je l'observe sans oser le toucher. Je fini tout de même par m'en saisir et l'ouvre à la première page :
- « Carnet secret de Kylie Morgan.. ? »
C'est son carnet secret ? Mais... Comment se fait il qu'il soit dans ma chambre ?
- « Maman ?
- Oui ma chérie ?
- C'est toi qui a mit la robe de Kylie dans ma chambre ?
- Non pourquoi ?
- Pour rien. »
Je marque un temps d'arrêt et reprends :
- « Je ne vais pas venir ce soir, je ne me sens pas très bien...
- Quoi ? Mais... Tu es sûre ?
- Je préfère rester là.
- Comme tu veux alors... Nous on y va, à ce soir ma puce.
- Bye. »
Je referme finalement la porte de ma chambre et observe cet objet qui lui appartenait, j'ai de quoi m'occuper pour un bon moment. Je vais récupérer toutes les lettres que j'avais jeter ainsi que la robe. Je m'installe sur la banquette de ma fenêtre en serrant sa robe contre moi, elle a encore son odeur. J'entame alors ma lecture en regardant de temps à autre le soleil se coucher à travers la fenêtre. Le silence est total et c'est alors que j'entends ma porte grincer comme quand quelqu'un entre dans ma chambre et pourtant je suis seule chez moi...
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