Une de perdue...

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Tenter, modestement, de jouer avec les mots... Avant qu'ils ne se jouent de moi  [+]

Image de Printemps 2017
Et c’est comme ça qu’elle m’a quitté. Profitant d’une nuit trop sombre, elle a fui lâchement, et je me suis retrouvé seul au matin, dans un lit devenu soudainement trop grand. Bien sûr, j’aurais pu la poursuivre, partir à sa recherche, mais c’eût été vain. La fatalité. Il faut bien plus que de la témérité pour se lancer dans une quête que l’on sait perdue d’avance. Il faut être con. On l’est tous un peu, certains plus que d’autres, mais quand même...

Puis je dois bien admettre que son départ, bien que précipité, ne fut pas une réelle surprise... Dès les premières secondes qui suivirent notre rencontre (pourtant riche de promesses !), la menace d’une rupture brutale et programmée planait déjà sur notre union. Une menace beaucoup plus insistante ces derniers jours, c’est certain... Jusqu’à ce que l’alarme se déclenche. Fallait-il débrancher le fil vert ? Le fil bleu ? Le rouge ? Dans un excès de passivité, teintée d’un soupçon de lassitude, je n’ai rien fait pour stopper le compte à rebours...

Elle est donc partie. A jamais. Bien sûr, comme toutes celles qui l’ont précédée, elle me laisse des souvenirs plein la tête. Des souvenirs biodégradables qui s’estomperont au fil du temps, à mesure que de nouvelles rencontres empliront ma vie. Pour finir, il n’en restera que l’essentiel, et c’est peut-être mieux ainsi.

Légère, elle n’a pas voulu s’embarrasser de bagages inutiles et elle m'a laissé des traces palpables de son passage disséminées un peu partout dans ma maison et ses alentours. Comme cette photo sur le frigo, un instantané de nos vacances heureuses, là-haut, sur les sommets alpins, nos visages radieux coincés entre une neige immaculée et un ciel bleu azur. Ou encore cette fissure dans la paroi en Placoplatre de l’entrée, qui n’a pas résisté quand elle a claqué la porte un soir de dispute...

Peut-être n’ai-je pas été le compagnon idéal. Peut-être n’ai-je pas été assez à son écoute. Les médias, sans cesse, nous crachaient leurs images de haine et violence au visage, et elle me faisait part, sans cesse, de ses doutes et de ses peurs. Malgré tous mes efforts, je n’ai jamais su la rassurer. La compassion n’est pas mon fort. J’en ressens une certaine honte.

Je reconnais que tout n’a pas toujours été simple entre nous deux. Des moments difficiles et douloureux contrebalancés par des instants joyeux, des plaisirs sincères, des bonheurs fugaces... Mais au final, qu’est-ce qui pèse le plus lourd ? J’imagine que c’est le propre de tout couple que de devoir se construire une histoire, en piochant parfois du côté du pire, parfois du côté du meilleur, et puis quoi ?

De toute façon, quand je pense à nous deux, puis-je encore parler de « couple » ? Moi, je lui ai été d’une fidélité absolue. Mais elle ? Je l’ai partagée avec tant d’autres... Elle était une telle évidence qu’aucun homme ne put lui résister, aucune femme non plus... Comment lui en vouloir ? A son contact, j’ai appris à ne plus être exclusif. Je l’ai aimée assez pour supporter de la voir aimer ailleurs. Avec toujours cette intime et naïve conviction que j’étais celui qu’elle préférait. Même quand elle braquait toute son attention sur l’un de mes semblables, je savais que dans le fond, elle ne m’oubliait pas, que j’avais toujours une place de choix dans son cœur...

Je me retourne une dernière fois pour regarder derrière moi. Je peux encore sentir sa présence. La force de l’habitude sans doute. Elle m’a accompagné pendant 365 jours exactement, mais non, cette fois c’est sûr : elle n’est plus là.

Je ne suis pas triste. Au contraire. Je suis tranquille, serein, peut-être même heureux. Une fois encore, l'horizon se colore de mille espérances. Une année est morte, vive la nouvelle année !

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