Une chaussure, oui, mais pas deux !

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Grandes ou petites, souples ou rigides, les chaussures ont toutes les formes. Faites de tissu, cuir ou même parfois de bois, elles sont partout. Plus nombreuses et diversifiées que les humains, elles règnent dans l’ombre.
Confucius, Reagan, Churchill, Mandela, même Gandhi... Tous en avaient. Associées aux plus grands, elles les influençaient sans que nous le sachions. Car oui, qui parmi nous y a prêté attention. Elles sont présentes à chaque apparition télévisée des politiciens. Mais bien sûr, ce n’est pas pour se faire voir. Elles se cachent à ras le sol pour éviter qu’on les soupçonne. Et nous, ignorants que nous sommes, nous nous concentrons sur ce que la caméra veut nous montrer ; à savoir un buste ou un visage.
Pendant ce temps, les chaussures instaurent leur dictature. Si elles daignent venir pour le discours de « leur propriétaire », c’est pour mieux le surveiller, le contrôler. Elles tiennent en otage les pieds de ces hommes et femmes qui dirigent notre société. C’est la raison pour laquelle les discours des politiciens sont du charabia et qu’ils ne respectent pas leurs promesses. Non pas qu’ils soient de mauvaise foi, mais ils oublient tout simplement. Comment prêter attention à tout ce que l’on dit alors que notre corps est à la merci d’un tout autre régime ?
Je veux dire par là, que nous sommes les jouets d’une autre organisation que notre gouvernement. Une entité bien plus fourbe et terrifiante qu’on le pense. Aujourd’hui, nous avons conscience de l’importance de l’information. Eh bien, les chaussures sont partout. Elles nous espionnent à chaque pas. Leur réseau est plus grand que tout ce que l’on pourrait imaginer. Mais attention ! Même si nous connaissons leur secret, nous ne pouvons nous en débarrasser facilement.
Comme tout autres vêtements, leur prix n’est pas donné. La raison de cette extravagance ? Leur sécurité. Y avez-vous déjà songé ? Pour quelle raison les chaussures seraient-elles toujours par paires si ce n’est pour leur propre bien-être. D’une part, elles ont quelqu’un avec qui échanger quand elles sont dans le placard, d’autre part elles pensent que le nombre fait la force.
Certains d’entre vous me dirons alors : « C’est pour ça qu’on a tous plusieurs paires de chaussures? ». Eh oui. Une paire pour la vie quotidienne, une pour le sport, une autre pour travail, encore une pour la montagne,... Les chaussures se sentent plus en sécurité lorsqu’elles sont nombreuses.
De plus, elles sont sexistes. Le déterminant féminin de la chaussure oriente ses analyses. Elles estiment que les femmes sont plus dangereuses que les hommes. J’espère que vous comprenez maintenant pourquoi, messieurs, les dames ont besoin de plus de paires.

Il est temps de le réaliser. Nous avons un gros problème. Levons-nous contre cette surconsommation, abattons cette nuisance !
L’ennemi est fourbe. L’ennemi est nombreux. L’ennemi est petit. Il joue de ses capacités de séduction : « La deuxième paire à 50% ». Son corps lisse ou râpeux ne vise qu’un objectif ; pouvoir s’introduire chez vous en correspondant à vos goûts. Mais ce n’est pas tout. Sa couleur aussi dérobera quelques fragments de votre âme et de votre porte-monnaie.
Après avoir été achetées, elles s’incrustent chez vous, mais ce n’est pas fini. Ca ne suffit pas pour répondre à leur égocentrisme. Elles n’abandonnent pas là. Elles savent se faire chérir ; surtout les neuves. Mais parmi elles, il en existe une qui est le comble de l’arrogance. Cette dernière peut envoûter totalement son nouveau « propriétaire » et détruire ses liens d’amitié. Je veux parler des chaussures blanches bien sûr. À toute heure, elles savent attirer l’attention de leurs otages pour se faire lustrer et choyer.
Le pire dans tout ça, c’est que le gouvernement chaussural l’accepte. Il a créé une société de caste avec les chaussures robustes pour les ouvriers, les « belles chaussures » pour les employés de bureau, celles à crampons pour les sportifs et bien d’autres. Et elles ne sont pas toutes considérées de la même manière. Certaines sont entretenues chaque jour alors que d’autres accumulent la poussière, vieillissent, s’usent, sont jetées, abandonnées à cause de leur pointure. Nous ne pouvons pas accepter d’être dirigé par une société aussi inégalitaire. Soulevons-nous pour protéger ces chaussures qui servent de tapettes à mouches !
Et peut-être, peut-être alors obtiendrons-nous notre liberté. Après tout, nous ne sommes pas si différents des chaussures.
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