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La vie rêvée des bêtes

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Tymélion

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La villa se trouvait ancrée tel une forteresse à l’extrémité de la plage, là où brutalement périt le sable et où surgit l'imposante falaise. Elle reposait sur quatre hauts pilotis qui s'enracinaient avec rudesse dans le roc. Par-dessous la bâtisse une myriade de rochers rouges s’érigeaient en arêtes menaçantes. Ils ressemblaient à s'y méprendre à de longs couteaux de chasse aux profils longs et acérés. Des séries de longues vagues venaient s’abattre sans fard sur les menaçantes lames, se déchirants alors comme de grandes outres, tout en vomissant des torrents d’écume. Puis dans un léger murmure, elles terminaient leurs courses macabres, absorbées par le buvard de sable.
Une immense baie vitrée en demi-lune dressée face à l'horizon et rendu luisante par un vif soleil matinal habillait tout un pan de la façade. A cet endroit précis, distante seulement de quelques pas en arrière, se lovait la chambre. Le sol en était constitué d’un parquet de lamelles courtes en bois brut, genre bois de caisses, avec un très grand lit plateforme qui trônait au milieu. Il était bordé des deux côtés d'un tapis sombre en épais cordages, et un voile infiniment léger et transparent accroché au plafond venait par ses flammèches en lécher le pourtour. Des étagères roses carmin en osier, imitant des casiers de pécheur apportaient une touche chaude et sensuelle au mur qu’elles habillaient. Une imposante sculpture moderne constituée de tubulures métalliques enchevêtrées censée représenter une ancre, encombrée tout un coin de la pièce, donnant à l'ensemble avec la mer en fond, un fort cachet surréaliste.
Hélène venait de pénétrer dans la chambre, son visage arboré un doux sourire et il faisait chaud, une chaleur amicale de fin d'été. Tout en marchant nonchalamment elle avait ôté ses chaussures et dégrafé sa robe, laquelle légère pareille à une plume, c'était évanouie à ses pieds dans le plus parfait silence. Se débarrasser de sa culotte et de son soutient gorge n'avait été qu'une simple formalité. Elle s'était ensuite allongée sur le dos, entièrement nue, ses deux jambes abandonnées sur le rebord du lit. " Caresse-moi ! " s'était-elle alors exclamée. Sans tarder, je m’étais promptement rapproché d'elle, à la manière d'un toutou docile, prenant mon désir à quatre pattes pour me coincer avec avidité entre ses deux cuisses offertes. J'aimai ses lignes et ses formes, la texture de sa peau, la structure délicate de son sexe, ce petit bout de chair que j’avais plaisir à titiller entre mes incisives pour la sentir tressaillir. Je m'amusais à la faire patienter en déposant de doux baisser appuyés çà et là, passant un doigt humide dans la raie de ses fesses, la léchant méthodiquement avec ma langue de chat râpeuse qui lui arrachait des soupirs lancinants à chaque lignes. Je me souvenais d'elle, le premier hiver où elle s'invitait chez moi; Elle rentrait sans jamais frapper et elle s'asseyait alors sur le sofa, presque collée à la cheminée, restant là sans dire,mot, calfeutrée dans son mutisme. Je me contentais de lui servir un thé brûlant qu'elle portait aussitôt à ses lèvres hésitantes pour continuer à se réchauffer, avec toutefois une certaine maladresse de ses mains encore garnies de grosses moufles. Moi je la trouvais trop jeune, trop parfaite, trop jolie, trop précieuse. Bien sûr je la désirais, mais rien que de fantasmer à l'idée de la dévêtir m’apparaissait tout à fait semblable à un péché, un sacrilège. Je m’étais calé, inébranlable, avec mon "moi " de fer, ancré dans la roche de mes sacros-saints principes. Un matin elle a déboulé de très bonne heure, une heure inhabituelle, Moi je sortais à peine de la salle de bain, enveloppé piteux dans un vieux peignoir tout déchiré. Après avoir reposé calmement sa tasse sur le rebord de la table basse, elle avait commencé à se dévêtir et devant mon regard ébahi, elle avait tout enlevé, se retrouvant trés vite dans le plus simple appareil. j'avais regarder pétrifié périr sa petite culotte à quelques pas sur le plancher, alors que le dernier bastion de ma raison venait inexorablement de céder dans un craquement sinistre, annonçant comme un couperet la fin de mon règne de mâle responsable. Je me rappelle que le feu naissant crépitait dans la cheminée et les flammes déjà vives de l’âtre semblaient ensorceler la chambre encore plongée dans une pâle pénombre. Elle avait ensuite levé les yeux vers moi et d'une voix douce, sur air quelque peu gêné, comme pour s’excuser elle m'avait dit ! "Toi tu es trop gentil, trop polie, tu l'aurais jamais fait ! Et moi tu vois là..... J'ai trop envie de toi !
Les allers venus de mes caresses se firent plus pressants, elle se "déchira" dans un long et profond soupir, ses doigts crispés presque tétanisé sur le drap. Elle se redressa ensuite, le corps en deux, ses deux mains amoureuses perdues dans la jungle de mes cheveux. Dans un élan impossible à maîtriser, je ne pouvais m'arracher à son contact, à son sexe et à son odeur, ma bouche encore pleine de son goût de femme. De ses paumes elle m'enserra doucement la tête, m'obligeant ainsi à me redresser. Mon visage heurta ses seins et elle referma aussitôt ses bras tout autour de ma taille, m'enfermant dans une chaude et délicieuse étreinte. "C'était juste là, juste là.....énorme ! Merci mon amour " me dit-elle, "j'en suis encore toute retournée"...
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