Una Piccola storia d'amore

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"Il n'y a pas d'amour de vivre sans désespoir de vivre" A. Camus "Il n'y a pas d'Hommes équilibrés il n'y a que des équilibristes" Anonyme? Inconsolable! inscris ce mot dans ton  [+]

Image de Été 2020
Tous les samedi, après avoir fait ses courses au bourg, Madeleine, sac au dos, remontait à pieds la route qui serpentait jusqu'au hameau "Les Cornées Laliat".
Parfois une voiture s'arrêtait et le conducteur ou la conductrice lui proposait gentiment de l'emmener mais Madeleine refusait systématiquement.
Elle préférait ne compter que sur ses vieilles jambes plutôt que d'être dépendante de quelqu'un et d'être obligée de faire un brin de conversation.
Elle aimait mieux le bruit de l'herbe froissée sous ses pas au bord de la route et lever quelques papillons tout en marmonnant une chanson. Son sac lui paraissait alors moins lourd aux épaules.

Madeleine vivait dans une vieille longère (1) pour moitié en ruines au bout du hameau. Seuls des rideaux d'un blanc immaculé aux fenêtres témoignaient que la maison était encore habitée. Au "Laliat" on disait que Madeleine n'avait plus toute sa tête depuis qu'elle avait perdu son Mario de mari. Elle ne parlait à personne sinon qu'à elle-même ou au défunt.
En entrant chez elle Madeleine vidait son sac à dos, steaks, fromage, fruits, de quoi se nourrir jusqu'au prochain samedi. Elle allumait la radio calée depuis des lustres sur la même longueur d'ondes puis mettait la table, deux assiettes,et leurs couverts comme toujours avant de préparer à manger.

Elle le voyait encore en face d'elle son Mario comme elle l'avait vu la première fois un 14 juillet au bal du bourg, avec sa tignasse brune, son regard bleu clair et son air emprunté dans son costume trop court. C'est elle qui avait osé lui parler malgré les regards courroucés du grand Gégé qui lui tournait autour depuis des semaines.
Son Mario parlait un français approximatif. Il était maçon, italien et n'aimait pas Mussolini. Ils avaient dansé toute la soirée ensemble et ne s'étaient plus quittés.
La noce avait été des plus simples. Les parents de Madeleine, quelques amis et le frère de Mario venu d'Italie composèrent le cortège qui alla de la Mairie à l'Eglise pour finir au restaurant du bourg.
Ils louèrent une longère puis quelques années plus tard ils purent l'acquérir.
Pour leurs 10 ans de mariage, ils allèrent à Venise, revinrent et ne bougèrent plus du hameau.
Ils n'eurent pas d'enfant. Lequel des deux était stérile, ils ne le surent jamais mais vécurent heureux jusqu'à cette soudaine et funeste crise cardiaque.

Oui elle le voyait encore son Mario, elle lui racontait ce qu'elle avait entendu ou observé au bourg ou sur la route. Elle le verrai et lui parlerai encore et encore jusqu'à ce que la mort et le silence les réunissent pour toujours...


(1) maison toute en longueur.
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Rolando VIALE · il y a
merci beaucoup! vos commentaires me touchent!
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LES HISTOIRES DE RAC · il y a
Lo conoscio quello Mario e quella storia mi sembra mia. Mi ha piaciutto. Grazie !
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Joëlle Brethes · il y a
Merci pour ce texte émouvant !
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coquelicot Coquelicot · il y a
une belle histoire d'un amour que la mort n'interrompt pas