Un petit pays voisin du Paradis...

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J'ai toujours aimé lire. Je suis addict depuis l'âge de 7-8 ans... Puis, avec les années, j'ai découvert qu'écrire procurait aussi bien du bonheur. Oh je me sens bien modeste, n'ayant pas de don  [+]

Nous sommes en août... c’est encore les vacances...si si, je vous assure ! Vous avez bien votre appareil photo et vos lunettes de soleil ? alors OK, on y va...
Le ferry, au petit matin, approche enfin des côtes... On découvre la luminosité exceptionnelle de l’endroit, voire irréelle... On se laisse porter par l’instant présent pour s’ouvrir à la beauté exceptionnelle des lieux : les lourdes montagnes noires, sombres et fières, qui se rapprochent lentement, baignées par une mer d’une limpidité extraordinaire, couleur d’un bleu soutenu, scintillant sous le soleil à la chaleur encore douce. Le bateau s’approche, imperturbable, provoquant les vagues où l’on souhaiterait déjà plonger. Ca va ? Vous n’avez pas de mal de mer ?... On aimerait que le moment s’éternise, vu la douceur de l’air, qui va devenir au fil des heures, véritable chaleur aux alentours des 30-40°C, mais toujours accompagnée de ce petit souffle d’air marin qui la rendra supportable.
Mais quel est donc ce petit pays que l’on approche, me direz-vous ? de 670 000 habitants, long de 300 kms, dont on commence vraiment à vanter les mérites dans les reportages télévisés ? Pour lequel on a parfois du mal à trouver un guide touristique ? Que beaucoup ne savent pas situer sur une carte ? Et qui n’avait peut-être que 2-3 pages internet qui le mentionnaient il y a 15 ans...
Curieux petit pays qui a retrouvé son indépendance en 2006 et qui vit au rythme de contrastes allant en s’accentuant : une population qui tente de survivre à la crise économique et une jet-set qui a trouvé un Eldorado à un coût défiant toute concurrence, telle la Marina dernière née, initiative privée, où l’on y côtoie les plus gros yachts du monde, panacée néanmoins pour les locaux de l’arrière-pays.
Et oui, ce pays, dont l’économie est surtout basée sur le tourisme, a vu disparaître peu à peu les quelques industries et hôtelleries étatiques qu’il possédait et qui faisaient vivre bon nombre de locaux. Si l’on peut remercier l’un des dirigeants de la classe politique actuelle de lui avoir évité la guerre dans les années 90, cette classe politique est rivée au pouvoir depuis et n’arrive pas à sortir le pays de l’ornière (s’agirait-il d’un engluement des rouages politiques teinté d’une corruption passée quasiment dans les mœurs ?...°).
Regardez, nous approchons de plus en plus du port... Venez, commençons à descendre vers la cale. Dès que nous aurons accosté, ils ouvriront l’accès aux véhicules.
J’ai encore quelques instants pour vous préciser que fort heureusement, la beauté des paysages et la véracité des habitants font oublier la côté obscur de la vie politique. Quand vous traverserez les charmants petits villages fleuris, bordés de maisons en pierre, tout le long de la côte, vous pourrez aussi bien rencontrer de rudes vieillards au franc-parler, solides et noueux comme le tronc des oliviers, que de longues et belles jeunes filles qui pourraient certainement postuler à « Miss Univers »... , de même que leurs équivalents masculins, solides et grands gaillards aux beaux visages. Outre la nourriture saine basée sur les fruits et légumes, le sang slave mêlé à une invasion ottomane de 500 ans doit y être pour quelque chose... (sans compter les influences vénitienne au sud et austro-hongroise au nord).
Savez-vous également que si vous le souhaitez, vous pourrez vous offrir en une journée (si vous êtes un tantinet marathonien toutefois..) un trekking en montagne dans le nord, ou rafting dans le canyon de la Tara, et un bon bain mérité dans la mer à 25-27° l’après-midi... ?
Je vous ai parlé des oliviers, mais outre l’huile d’olive, vous goûterez également au yogourt fait maison accompagnant le burek à la viande ou au fromage (sorte de croustillant à base de feuilles de filo), aux belles et grosses tomates juteuses au goût inégalable accompagnant le fromage de brebis et de chèvre qu’on trouve sur chaque table, et pourquoi pas, un baklava aux noix, miel et clous de girofle puis enfin, un petit café turc (ou grec selon ceux qui en parlent...) pour clore le tout.
Oui, je sais, dès qu’on accoste, je vous promets qu’on ira le boire ce petit café turc... (avec sucre ou pas, mais à ne « touiller » en aucune façon).
Vous avais-je dit qu’ici, à l’instar de leurs paysages montagneux, les gens sont rudes, fiers et ont le franc-parler, direct... ?
Le mot d’ordre : ne pas les fâcher ! Si vous êtes un ami : ils feront tout pour vous jusqu’à ce que la mort vous sépare et ne regarderont pas à leur peine. Si vous êtes « en froid », ce sera la coupure.. et il faudra vous les réapproprier par des tonnes de sollicitude et d’entêtement...
Les familles sont solidaires et s’occupent de leurs aînés. Peu de place au virtuel ici... le pays est magnifique mais la crise économique oblige chacun à réfléchir à la meilleure façon de s’en sortir : beaucoup créent un petit commerce qui leur permette de vivoter, d’autres s’expatrient à l’étranger pour revenir parfois à la retraite, le pays demeurant toujours dans leur cœur. En tout cas, la solidarité familiale est là, bien qu’elle ne soit plus ce qu’elle était il y a cinquante ans. Mais la tradition demeure, les distances sont courtes, les maisons, accueillantes et la porte d’entrée toujours ouverte, pour le membre de la famille, l’ami, celui qui fait l’aumône...
Je pourrais aussi vous parler de l’activité au ralenti du pays en hiver (cueillette des mandarines d’octobre à décembre, des oranges de décembre à début janvier, des citrons, des olives de mars jusqu’en mai même !, des kiwis de novembre à début janvier, etc) et de son éveil en été (qui représente le chiffre d’affaires de l’année pour beaucoup : les restaurants, les petits cafés, les excursions, les sports nautiques, parapente, kite surf, etc...)
L’argent manque ici, les salaires sont dérisoires (400€ ? 900€ ?). On fait avec... Si la vie n’est pas facile, on la rend néanmoins chaleureuse. On écoute l’autre, on l’accueille, on respecte sa religion, qui n’est jamais invasive, qu’elle soit orthodoxe, musulmane, catholique. Tous la vivent en bonne intelligence dans un contexte de solidarité encore présent... encore ô combien, authentique...
Ah ! la file des voiture avance... Mettez la ceinture, on y va !
Et... Bienvenue au Monténégro ! (dobro dosli...)

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