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Un homme aimable – ambition

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Il est des ambitions modernes, à la mode de Caen ou d’ailleurs, des volontés verticales avec le ciel dans la lunette, des appétits cannibales qui croquent la chair comme ils baisent les yeux. Ces figures oblongues dont la silhouette se découpe derrière les pare-brise fumés des berlines canailles.

Aux aguets, les insatiables vandales auscultent leur semblable qui au matin boitait.

Et sur l’autre rive un homme aimable et son désir désuet, le visage barré d’un tendre sourire, fredonne le refrain de son humilité. De ses déhanchements saboteurs il renverse les quilles qui se dressaient du haut de leurs opinions, scande ses riches rimes et ponctue de bémols le pouls de sa simplissime ambition.
Il revient du froid pour réchauffer mon cœur et de sa main bénévole caresser ma conscience. Lors, dans le plus simple appareil, je remplis les pages comme je vide les verres.

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Sylvie Franceus · il y a
Nom d'une pipe en bois de bouleau blanc, ce que votre texte est beau. C'est de la poésie. C'est de l'art. Le contraste est utile parce qu'il amplifie les opposés et fait de vos mots de la chair des hommes. J'aime les pages qui se remplissent et les verres qui se vident parce que la logique est un geste automatique troublant mais efficace. La création se fait, là, dans cet état second qui devient le premier enjeu de ce quotidien dépourvu de tout ou presque tout. La chaleur est perceptible et douce mais la vulnérabilité aussi et c'est elle qui gagne. Je la vois. je la sens. Je la devine. Elle transpire et moi, je sens son odeur non masquée. C'est pas la peine de vouloir la cacher. Ce luxe artificiel gâcherait l'authentique et ce n'est pas une bonne chose. L'autre ambition, la noble, pourra être là : restez soi même sans rien ôter du beau originel.
Merci

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De l'encre sur les doigts · il y a
Ben voilà c'est malin, ma photo de profil a viré au rouge!
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Sylvie Franceus · il y a
Oh , c'est vrai... oh, je suis désolée.... mais le rouge vous va bien. C'est joli. Et avec le bleu, ça marcherait aussi ?
Je veux dire si j'induis une idée qui te fait une petite peur.... une petite peur bleue.... tu crois que tu vas virer au bleu ?
Allez, voyons cela : de ce côté de la rive, il marche. Non, il ne marche pas, il claudique. Il peine et sa peine fait un bruit de semelle usée par l'effort asymétrique. Ce bruit est un halètement lent et sec. Dans sa poche, une source tiède sert à ce moment là. Il l'anticipe toujours, ce moment là, parce qu'il sait qu'il n'échappera pas à l'aridité dans sa bouche béante qu'une mouche vient de visiter. Il n'a pas soif. Il a besoin de sa flaque empochée et rouge alors sans soif, il déglutit sans savoir ce qu'il boit. C'est rouge. Il sait cela parce que son pull lui rappelle sans cesse, à cause des taches. Les taches sont rouges. Elles sont sa compagnie. Sa mémoire. Elles sont sa lucidité. Sa solitude. Il boite. Il boit. Il ploie sous le poids du peu. Du presque rien et c'est si lourd à porter qu'il tombe. Il se noie dans le reste de sa flasque qui a le fond d'un trou profond. La lie le lie au fond de la vase rouge qui dilue son sang si effrayé par la profondeur qu'il change de couleur. Il bleuit. Il est un pacifique épaissit par l'effroi. La flaque est la rivière. Elle bouillonne et il sent le craquement de son intérieur comme une branche coincée au bord. La rive est costale et la douleur serre son âme rougie par le jus qui coule à l'intérieur. Il savait nager, avant. Il savait attraper le temps et happer l'air maintenant, il est dans le fond qui est rouge. La rivière est rouge sang et le cyan de ses yeux aussi.

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