Un fil douloureux et long tiré d'un crâne...

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Ouragan de messages textuels informatiques, Picturales et Terrestres, les symboliques s'accumulent Sur l'océan dense électrique Et la violence virtuelle économique D'une gigantesque bulle:  [+]

Comprendre. Comprendre toutes ces choses infiniment grandes, délibérément petites, ces choses qui montent et qui descendent en nous, ces choses qui débordent des immeubles, ces choses qui vont et viennent, comprendre le détail dans tes yeux, prendre le temps, délacer, relacer, enlacer, s'arracher désespérément à l'envie de comprendre. Comprendre toutes choses infiniment grandes qu'on dit dans des journaux, dans des télévisions, depuis des avions, depuis des objets satellitaires, depuis des câbles au fond des océans, des messages infiniment loin, toujours plus pressants, toujours plus près, c'est "je", c'est "tu", c'est "je sais", "tu sais", c'est "je-sais-tout", ces jeux, c'est tu, c'est tabou, c'est interdit, interdit de comprendre toutes ces choses qui débordent depuis le monde jusque dans la page, de la page à l'écran, de l'écran au visage, des visages au téléphone, des ordres partent, d'autres messages viennent, tout fourmille, on ne comprend plus, on ne comprend plus rien, tous les messages se télescopent, et tous ces gens qui débordent, qui apparaissent de "je ne sais où" et ces idées de guerre, et ces tensions, et ces assassinats, ces maladies, ces morts dans des télévision, ces gens qui s'engorgent depuis ma tête, qui montent l'escalier de mon cou, qui roulent dans mes nerfs, et toutes ces choses, ces choses muettes, ces choses dites, tant de pensées, tant d'influx, de connections, d'annexions, des territoires aux histoires, des histoires aux personnes, des amours, des viols, des horreurs, dites et faites, la fesse est fête, la messe est dite, et tout ce confesse;
comprendre, comprendre ces choses dans mes yeux qui disent souffrance, comprendre l'absence ,comprendre de tes nouvelles, comprendre des pincettes, comprendre des risques, et ne plus rien comprendre.
Suite au choc. Suite à l'ébullition. Suite à la chute.
Se relever.
et tout de suite reprendre. et ainsi de suite, suite et fin et recommencement, éprendre, déprendre,surprendre, comprenne qui voudra, advienne que pourra...
Je n'arrive plus à suivre, et pas plus à comprendre, et je m'enferme dans la tour de ma tête, loin de ces choses qui débordent des immeubles,des écrans, tous ces messages qui courent, ces influx dans les têtes, de la tête au pied de la lettre, des yeux au monde, du monde au regard, du regard au nerf, au cerveau, et tout est reparti, connecté, et le rythme, et les mots, les transports en commun, le transport solitaire, le sport, le sport de chambre, les spores des lumières soucieuses et cécitaires, et tous ces photons qui viennent de l'écran, et ces immeubles qui viennent, qui s'en vont, ces images muettes, ces discours écrits, ces choses que tu m'as dites, tout ce rêve électrique, tous ces gens, tous ces amours, toutes ces histoires, ces drames, ces toiles de fond, ces étoiles loin, ces atomes près, l'infini ment, l'infini parle trop, je parle trop, j'écris des choses et rien ne se passe, et tout voyage, et je comprends.
Je comprends enfin. De quoi je parle. Dans ce mouvement perpétuel où tous les objets bougent, où les vivants vivent, où les créatures se créent, il y a là dehors à chaque seconde sur ma planète deux personnes qui s'aiment, et qui sont sur le point de le dire. Qu'ils baisent, je me drogue, qu'ils s'enlacent, je me lasse, qu'ils vivent tous ces moments moches quand je vis tous mes moments beaux, mes moments-songes, mes mots à l'envers, mes mots aux mômes, et eux ils baisent, et d'autres meurent, certains hurlent, des coeurs s'arrachent d'autres coeurs, des émotions sortent des corps, des émotions s'arrachent des cordes d'un violoncelle qui tire des larmes à feux mobiles de mes yeux secs qui tremblent,et me regardent, moi qui me projette sur la page, et eux qui meurent, et toutes ces maladies, ces amours ces histoires.
Comprendre, c'est déjà ça, mais c'est déjà trop tard. Car tout est déjà là.
Sauf moi.
Sauras-tu le comprendre?
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