Un chat, un vendredi

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C'était un vendredi soir. Le 13 décembre 1999. La fin d'année approchait à grands pas alors que de nombreuses et illustres personnalités s'en donnaient à cœur joie d'annoncer la fin du monde et son apocalypse, du fait du changement de millénaire.
Il pleuvait sans cesse, ce jour là. Il me fallait retrouver mon intérieur, le plus vite possible, afin de me mettre à l'abri. Mon misérable parapluie me montrait déjà quelques signes de faiblesse que le temps, et surtout le temps pluvieux et venteux lui avait infligés.
En arrivant, je fermais donc mon ombrelle aquatique épuisée et ôtais mon par-dessus. Je m'étais déchaussé et avais déjà laissé mes bottes à l'extérieur, sur le palier, vu que la droite demeurait malodorante du fait d'un pas maladroit au contact de déjections canines, sur la chaussée.
Puis j'allais saluer mon chat, un magnifique chat noir que j'avais adopté, quelques mois plus tôt. Il m'attendait sagement, ronronnant en rythme avec les oscillations de sa queue dans les airs. C'est un félin solitaire, fidèle des canapés, couettes et promontoire de cheminée. Je lui avais d'ailleurs préparé un petit coin bien à lui. Avec son arbre et son échelle.
Après le travail, je m'étais hâté car il me fallait préparer le repas puis la table. Ce soir là, je recevais douze amis, pour le dîner. J'étais si heureux que mon amie Jude ait accepté, elle est coutumière des plannings surchargés. A chaque dîner que nous avons partagés, une sensation bizarre d'ultime, de dernier souper se dégageait de la scène que nous offrait la table remplie de mets et vins. Ce soir ne devait pas déroger à la coutume.
Tout à coup, 20 heures 10, j'entendis comme des coups de sonnette. Je regardais à travers le judas, on n'est jamais trop prudent.
Sur les quinze minutes suivantes, chacun arriva et se débarrassa des manteaux, chapeaux et autres vêtements d'apparat adaptés pour la saison.
Après un apéritif assez succinct, je dois dire, nous nous mettions à table. La répartition des places s'est faite de manière aléatoire. Le dîner pouvait débuter. Nous pouvions entendre, écouter tous les échanges des uns, comme des autres, palpitants comme dénués d'intérêt, parfois. Au milieu de quelques longs discours ou tirades fugaces, nous pouvions percevoir : "Donne moi le sel, s'il te plaît..." demandait Jean tandis que Mathieu s'adressant à Jude et posant le pain à l'envers lui proposait "Tu voulais du pain, non ? Le voilà...". Tout se déroulait paisiblement.
Puis, à 11h20, comme si plus personne n'avait plus grand chose à se dire, un silence s'installa. Jude ne pût s'empêcher de s'écrier "Tiens, un ange passe. Ils passent toujours à vingt ou moins vingt, il paraît..."
C'est à ce moment que l'un des parapluies s'ouvra tout seul. Le bruit fit peur au chat. Celui-ci s'affola et fila sous son échelle qui perdit l'équilibre pour rejoindre le miroir pour finalement le briser.
Il y a une logique, une histoire dans tout, finalement... Même dans la superstition...
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