Un casse qui tourne mal

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Auteur de six manuscrits en vente sur le site Amazon -Trafic sans Escale 06/2016 -Wanted 04/2017 -Un indigène dans la Carlingue 06/2017 ->Une ligne de trop 01/2018 -Alliance douteuse -Angel  [+]

Des coups de feu claquent dans la nuit, trois hommes remontent la rue dans une course effrénée, l’un d’eux titube et s’affale comme une masse, sa tête heurte le sol lourdement, il lâche son fardeau et pousse un gémissement :
—Patrick c’est fini pour moi, récupère le sac, tu donneras ma part à Noémie, je compte sur toi.
Christian les rejoint, une arme de gros calibre à la main, il contemple le triste spectacle et s’exclame :
—Il faut y aller Patrick, les perdreaux nous collent aux basques.
—Pauvre Albert, je m’en veux, tout est ma faute, je n’aurai pas dû faire confiance à cette crapule, aide-moi on va le mettre dans l’allée, il ne va pas clamser comme un clébard sur le bord d’une route.
Les deux hommes agrippent le corps de l’infortuné, et le tirent vers l’intérieur, laissant derrière eux une trainée de sang, puis ils poursuivent leur escapade, Patrick lance :
—Il nous faut une voiture, ce putain de patelin me donne envie de gerber, regarde là-bas des phares, c’est notre chance fonce.
Un blaireau, charge sa caisse, à la fenêtre sa femme le houspille :
—Doucement avec les valises, triple buse c’est fragile.
Pour seule réponse, le gougnafier, lui tend un doigt d’honneur et vocifère :
—Dépêche toi de descendre, on a de la route.
La poufiasse ne se fait pas prier et affirme :
—Je ferme l’appartement et j’arrive gros con.
Trop tard, il faudra remettre le voyage à plus tard, Christian braque le quidam et intime l’ordre :
—Les clés, gros faisan fissa !
La morue s’égosille :
—Au secours, à l’aide.
Patrick lui claque le beignet, les deux hommes s’engouffrent dans la Mercedes et démarrent sur les chapeaux de roue.
Il faut rejoindre la capitale avant l’aube, Patrick recommande :
—Il faut éviter les grands axes, il doit y avoir des barrages à tout bout de champ.
—T’inquiète, je connais un itinéraire, que ces pourris empruntent rarement.
Qu’est-ce qui a foiré, un casse facile, Pédé de René il ne paie rien pour attendre, cette donneuse peut compter ses jours, Christian rumine :
—Je ne le sentais pas ce lascar, tu donnes facilement la confiance, avec sa tronche de têtard, ce binoclard nous l’a mis bien profond.
René est comptable à la Caisse des dépôts et consignations, un job qui lui permet d’avoir des ouvertures sur les transactions de la société, une importante rentrée d’argent, dans une succursale de province, l’a incité à prendre contact avec Patrick, une vieille relation, grandir dans le même quartier nourri une certaine forme d’amitié, tous les plans dans les moindres détails, trois millions à la clé, il n’en fallait pas plus pour le truand, pour se lancer dans l’aventure.
René a cependant omis, la présence d’un gardien, ce dernier a fait feu à deux reprises, Albert y a laissé sa peau, le surveillant n’ira pas le crier sur les toits, Christian ne fait pas de cadeau, sa sulfateuse a du répondant, malheureusement, une balle a traversé le réservoir du véhicule de nos amis, qui se retrouvèrent momentanément à pince.
Les lueurs de la ville pointent à l’horizon, les deux hommes regagnent leur repère éreintés, Christian annonce :
—Demain, je m’occuperai de ce salopard.
Patrick compte les billets et exprime :
—Pauvre Noémie, comment lui annoncer la mort d’Albert, je lui remettrais personnellement sa part.
Le lendemain, René pointe sa tronche, l’air de rien et réclame sa part, sur un ton fort à propos :
—Je suis à la bourre, Patrick tu as mon fric ?
Christian le prend par le paletot et le secoue violemment en criant :
—Grosse tapette, tu réclame la tune, et le gardien tu gardais l’information pour qui ?
René commence à comprendre, le partage se fera sans lui, Patrick pointe une arme sur lui et tire.
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