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Un brin d'été

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Manue Grim

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Si tu ne t'étais pas décidé à passer un brin d'été avec moi, j'aurais pu fêter au mois d'aôut un an d'abstinence. Car il faut le dire, j'avais rompu avec toute dépendance. Le sexe en première ligne. Quant à ne plus écrire, je savais déjà le faire, ça ne me coûtait rien. Ne plus me montrer, no selfie, no résaux sociaux, ce fut un jeu d'enfant. Puis me taire. Se taire, c'est jouissif. T'en penses pas moins mais tu gardes ton avis par devers toi. Sortir de sa zone de confort. Prendre et perdre du poids avec régularité, même mon corps a trouvé son équuilibre. J'ai gardé mes proches, quelques relations diplomatiques et j'ai dégagé tout le reste sans préavis. J'ai gardé le jardin. La mer aussi, incontournable, en toute saison. Et ma colline couronnée de nuages en juillet. Voilà.

Karine me demande ce que je fais.

- Je roule doucement dans les allées de la plage, les vitres ouvertes, je ne veux pas manquer la clarté qui s'endort. C'est presque la nuit.

- Tu as raison. Il nous restera toujours ça. Quoi qu'il arrive. La lumière du soir, grise, rose et bleu lavande, quand elle épouse le flanc des maisons ou la mer.

Je raccroche. J'enlève mes oreillettes. Je vais pouvoir raconter comment l'envie m'est revenue.

Parce que ça m'a repris comme ça m'a quittée : sur un coup de tête ou un agacement. Et avec ça une opportunité, car sans l'opportunité, évidemment, on ne peut rien faire.

Faut pas croire : renouer avec une marotte abandonnée un an plus tôt, c'est pas évident. C'est comme retourner à la salle de sport alors qu'on y allait plus ou fouler la neige avec des grosses bottes fourrées, la fendre, l'imaginer froide, alors qu'encore récemment on en avait franchement rien à foutre.

Mais l'occasion fait le larron.Il y a eu un éclair, une image pornographique. J'ai vu ta bouche, ta langue, ton corps, en recevant ton SMS. L'image s'est logée dans ma tête et elle n'a plus voulu en sortir.  Une tentation trop forte et puis cette occasion, la possibilité de l'amour assortie d'une délicieuse conversation. Tu parles que quand ça se présente, on perd ses moyens, sa contenance, sa résolution.

Certes, à petite occasion le loup prend le mouton. Je pense toutefois que nous en avons eu très envie.

Mais je ne suis pas venue à notre rendez-vous. Je n'avais pas le goût d'un vieil hôtel dans le Haut Var. Fallait rouler, trouver un alibi. Dommage car je te désire.

La nuit est là. Je me glisse pour la première fois depuis l'été dernier dans les draps, à côté de mon petit ami. Il a l'air de bien aimer l'idée. Il te serait reconnaissant s'il savait.

Je reprends une sorte d'entraînement. D'ici l'automne, je serai belle. On prendra un nouveau rendez-vous dans le vieil hôtel. Regrette pas. Là-bas y a pas la clim.

Patience et longueur de temps.

Je vois ta bouche, ta langue, ton corps je le vois. 

 

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