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Les trous, ça le connaît. Et même si un trou, c’est du vide, il en a vu de toutes les couleurs. Fossoyeur depuis des années, il a dû creuser dans toutes les conditions: sous la pluie, au soleil, au vent, le jour, le soir, la nuit, à la main, à la pelle mécanique, dans des sols meubles, le roc, l’été, l’automne, l’hiver et combien d’autres.

Quand il ne travaille pas, à défaut de creuser un trou, il se creuse la tête. Un de ses passe-temps préféré est de résoudre des sudokus, ces petits casse-têtes mathématiques. Cela l’aide à faire le vide et il est parfois si absorbé qu’il n’arrête que lorsqu’il a un petit creux...

Mais le plus grand trou qu’il ait connu, c’est le vide que son épouse a laissé quand elle est partie. Bien qu’il ait eu conscience des creux de leur couple, il n’avait pas mesuré le fossé qui s’était installé entre les deux. Sans savoir pourquoi, un jour, l’espace grandissant a rompu les liens qui les unissaient jadis. Puis, trop tard pour qu’il puisse y changer quelque chose, elle est partie.

Pour ce spécialiste des trous, remplir le vide fut impossible. Aujourd’hui, il creuse son dernier trou, le sien.
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