Trois-Mots#0 - La chute.

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Règle du jeu : écrire une histoire avec les mots “Chaussette”, “Parachute” et “Promesse”


Trois mots donnés à Ericag par Lea Prinnseth.
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Daniel faisait de l’escalade depuis longtemps.
Il était fatigué. Mais, il avait son porte-bonheur. Il ne tomberait plus maintenant. Il pensait à Sophie, qui l’avait lâché comme une vieille chaussette. “Il n’était pas assez sérieux pour elle.”
Que penserait-elle de lui maintenant ? Il n’était pas ici par hasard ! Et il portait un porte-bonheur.

Tout ce travail, tout cet effort juste pour tomber ? Non ! Mais, peut-être.
Il avait réussi, après tout. Était-ce suffisant ? Peut-être.
S’il tombait, tout le monde verrait sa chaussette porte-bonheur. Il était sûr qu’ils la verraient. Au moins ça serait une bonne réunion du destin. Une vieilles chaussette, portée au pied par une vieille chaussette jetée par sa femme.

Ses chaussettes: il a une en gris et l’autre en rose avec des rayures (d’un chartreuxrayé et bleu pastel). Il y a quelques années, au même moment où il perdait Sophie, il avait perdu l’une de ses deux chaussettes porte-bonheur. Il lui en restait une. Cette rescapée n’était pas tout à fait acceptable pour son poste. D’ailleurs, Sophie n’avait jamais approuvé ses chaussettes. Il la portait quand même, dans un farouche élan de liberté. Personne ne l’avait jamais vu.

Il se sentait fatigué. Ca devait finir. Quand il serait parti, tout serait pris en charge. Il en avait la promesse. Tout irait mieux sans lui.

Il devenait plus stressé. Il pouvait sentir les gouttes de sueur glisser au bas de son dos.
Combien de temps pourrait-il tenir le coup ? Peut-être que la chute ne serait pas si mauvaise, peut-être que ça irait tranquillement. Il pourrait flotter, voler, si seulement pour un moment. Peut-être.

Mais continuer ? Ce long chemin ardu, seul ? Pourquoi ? La chute semblait plus facile et certainement tout le monde découvrirait finalement sa chaussette porte-bonheur et saurait quelle grande vie il avait eue.

Il est temps ! Le temps de laisser aller, le temps de tomber.

Son portable sonne, c’est un texto. Tout le monde a signé. C’est officiel.

Enfin, Il est libéré, il tombe. En un instant, il tombe de l’éminence de sa position. Désormais il n’a plus d’importance, il n’est plus en charge.

Il se lève, il se penche, il enroule son pantalon, et sort de son bureau pour la dernière fois.

Il a la promesse. C’est bon. Son parachute doré le sauvera. Il n’aura plus jamais besoin de travailler.

Il rentre chez lui, flottant tout au long du chemin, content de savoir que tout le monde verrait sa chaussette chanceuse. Finalement !

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