Touriste

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Le goût de l'écriture m'est venu suite à la rencontre d'un écrivain. Depuis je n'ai cessé d'écrire. En ce moment, je travaille sur un roman, mais j'aime aussi écrire des nouvelles ou des textes  [+]

Image de Printemps 2014
Je tiens un stand sur cette place chaque jour.

Chaque jour depuis dix ans, je sers la même clientèle. Des personnes du voisinage, des enfants qui viennent après l’école et surtout des touristes.

Les touristes. Il en vient de partout. Tout le globe vient m’acheter des bibelots que confectionne mon père et les sacs que fabriquent ma mère et ma sœur.

Ma sœur vient me voir tous les jours pour remplir le stand et le tenir avec moi, les heures de grandes affluences. C’est ainsi que nous avons appris plusieurs langues. L’anglais, bien sûr, mais aussi l’espagnol et un peu de suédois.

La Suède, la neige, la verdure, les lacs. Ma famille me prenait pour un rêveur, mais moi je savais que j’y irais un jour. Je mettais de côté les pourboires que l’on me donnait depuis quelques mois. Il ne me manquait plus grand chose pour acheter mon billet. Pour l’hébergement, un client, qui devait avoir mon âge, m’a donné son numéro. J’estimais encore un mois de travail avant de pouvoir être comme ces touristes et réaliser mon rêve.

Mon père m’a dit que le rêve n’est permis qu’à la condition d’avoir les moyens de le réaliser. Sachant que ces moyens n’étaient pas à sa portée, il a alors consacré toute son énergie à prendre soin de nous. Moi, les moyens je les avais, mais ce soir-là, je croyais mon rêve fichu. Tout ou presque était parti en fumée.

La fumée nous avait réveillés en pleine nuit, ça, et un bruit d’explosion. Le feu s’était propagé dans la salle à manger. Mon père nous avait poussé dehors et avait mis du temps à sortir. Nous avons rejoint la foule sur la place. Nous sommes arrivés près du stand quand je me suis rappelée avoir oublié de prendre le pot dans lequel je cachais l’argent. Je me suis maudit, mais en voyant ma sœur, ma mère au bord des larmes et mon père qui tentait de la consoler, je me suis dit que l’essentiel avait été sauvé. J’attendrais un peu avant de mettre de l’argent de côté, le temps de réparer notre maison à moitié calcinée.

Le matin se levait. Pour la première fois, nous tenions le stand tous les quatre. Mon père a voulu faire quelques pas avec moi. Il a mis la main dans sa sacoche et en a tiré un pot. Le pot. Je ne sais pas comment, mais il a su que je prélevais sur les pourboires. Il me l’a tendu en me faisant promettre de ne pas l’utiliser pour autre chose que pour faire ce voyage dont je rêvais tant.

En attendant ce jour, je continue à tenir ce stand chaque jour.

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Dianeso · il y a
très joli
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Wsmit · il y a
Excellent!
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Céline Viel · il y a
Merci !
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Coralie · il y a
Jusqu'où aller pour réaliser ses rêves....J'apporte ce 1er vote avec plaisir.
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Céline Viel · il y a
Je viens tout juste de voir qu'il y avait des commentaires... merci beaucoup pour ton vote

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