Théodora

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Je pousse la porte
“On t’a bien logé a ce que je vois.”
Fardée, elle me jette un regard par le miroir sans se retourner. Çà embaume les bouquets qui s’entassent et fanent dans son obscurité étouffante.
“Qu’est ce qu’il veut?
-Il?”
Elle se retourne dans son prétentieux fauteuil pivotant, en essayant de récupérer un cil coincé dans son œil. Elle est fourrée dans un robe grenat aux épaules dénudées, de belles épaules fines, sur lesquelles ses cheveux décolorés tombent. Un peu vulgaire, mais tout à fait le style de Richard.
“Oh... Richard.”
Je me regarde dans le miroir qui couvre le mur. Elle doit voir que je suis saoul. Je sors une Camel de son étuis souple pour faire illusion, c’est pratiquement la dernière. “Ils vont te virer je crois... Il est en train d’en parler avec le producteur.
- Pardon ?” Elle pivote tout à fait cette fois “Redis moi ça?”
Dans son emportement elle fait fuir un beau siamois, qui glisse de ses genoux comme une belle étoffe dans un râle. Il a fondu dans un coin sombre ou deux grand yeux jaunes me dévisagent mollement.
Je hausse les épaules. “Rien de trop sérieux. Je suppose...
- Tu es qui pour commencer? Sa voix est particulièrement désagréable, beaucoup trop aiguë pour être prise au sérieux.
- Il s’appelle comment ce chat?
Elle ne me lâche plus du regard; Elle et son foutu siamois. S’en devient gênant.
“Tu veux baiser?” Je lance
“Ok. Je dois rêver.”
Et elle disparaît dans un tourbillon de parfum et de cheveux, la porte claque. Ses lourds pas disparaissent. Un léger ronronnement.

Je tombe dans le fond du fauteuil, encore tout chaud du petit cul de Théodora et déguste la fin de ma cigarette en défiant du regard ce fauve. A quoi pense cet imbécile...
“Qu’est ce que tu lui a dit bordel?”
Cette phrase effraye la bête, ça ou le fracas que fait Richard en entrant dans la pièce.
“Ce chat a beaucoup à nous apprendre Richard.” - Il ne répond pas - lui sait que je suis saoul - “Je ne sais plus, ce que tu m’avais dit.”
“Non, sûrement pas!” Il agrippe mon fauteuil et me tourne vers lui. En jeans sales, T-shirt long, pas peigné et barbe inégale, il prenait apparemment son rôle de réalisateur très au sérieux. “Je t’avais simplement dis de l’énerver UN PEU pour la prochaine scène.”

J’ai replongé mon regard dans les grand yeux de sable du tigre sur mes genoux, Richard courait derrière un taxi sous la pluie.
“Qu’est ce que tu veux me dire, bon dieu...”
Le félin ne répond que par un lourd ronronnement dans le noir. Et il se loge contre mon ventre. Et je crois que je m’endors.
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