2
min

Texte à lire en écoutant «Take five » by The Dave Brubeck Quartet

Image de Hadrien Martin

Hadrien Martin

4 lectures

0

Bercé par des sons différents venant de plusieurs horizons, j’errais, noyé dans la foule. Partout où mes yeux se posaient je voyais des gens heureux avec le sourire aux lèvres. Tout le monde riait, dansait, chantait.
Tout ce monde devenait de plus en plus présent, réel.
On me tira par la main pour rejoindre un groupe. On se donna des accolades amicales. Les mains pleines de bonheur, on me saisit par la taille, guidé par des pas sûr ou une silhouette complice, on me dirigea vers l'espace de danse.
Le monde semblait se mouvoir comme une mer de tempête d’équinoxe. Je me laissais aller, bercé par les vagues de la musique, ballottant au fil du tempo.
Je dansais avec une partenaire, incapable que j’étais de voir autre chose que son sourire radieux. Je m’y fiai, je la suivis, me laissant guider au rythme de la musique.
Mon corps s'emballa, puis s’emmêla jusqu'à chuter. Je m'accrochai à la mains de ma partenaire qui déjà se dérobe, me lâchant, saisie par les mains des autres danseur et retournant dans la tempête des corps, de chair et de vie.
Je la perdis de vue. Les lumières colorées de la fête disparaissaient les unes après les autres.
Je chutais dans des abysses sombres, la musique s'alourdissait, je n'entendais plus que les basses et les vibrations me parcourir le corps des doigts jusqu'au cœur. Je fermai mes paupières...
Quand je les ouvris à nouveau, j'étais assis derrière ma batterie, à mes côtés le pianiste tenait la mélodie et le bassiste gardait la cadence.
Mes mains connaissait la musique et jouait en rythme sur le Charleston et la Caisse Claire.
Le Cuivre finit son refrain, les dernières notes du Piano et de la Basse me donnent l'indication du début du solo, mes baguettes rebondissent sur les peaux tendues de des Toms, je ralentis le rythme, comme pour laisser place au calme avant la tempête, puis tel le tonnerre, le solo commence.
Alors comme émergeant de l’océan, la musique envahie mes oreilles, les percussions de mes baguettes passant d'une extrémités à l'autre de la batterie. Je joue.
Je saisis au vol le regard du pianiste, et toute la complicité qui nous unis, je fais silence. La réponse du piano est rapide. Je lui pose alors une autre question, sur la quelle il rebondit.
Puis le dialogue se noie dans la reprise du cuivre et de la basse relançant le swing.
Les danseurs reprenaient possession de la piste, les rires et sourires par milliers dans la foule.
Le morceau se finit brutalement, surprenant un public hésitant puis applaudissant en riant, et pour les piéger, le final est éclate, cacophonie de sons sortie des instruments jusqu'à disparaître en un éclair, comme elle était arrivée.

Je me réveillai alors, en nage dans mon lit.
0

Vous aimerez aussi !

Du même thème

TRÈS TRÈS COURTS

Nikolaz habitait un appartement dans l'hypercentre, près de la place du Commerce. Les bruits de la ville le rassuraient, surtout le ting-ting des tramways quand ils approchaient d'un croisement, pour...

Du même thème