Terminus

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Elle errait sur la voie goudronnée, sans but, le néant de chaque côté. Cette route était longue et sinueuse mais la jeune fille continuait de marcher, observant la noirceur de la nuit recracher le bout du chemin. Et elle s'éloignait. Elle s'éloignait de la civilisation, de la prison qu'était devenue son quotidien, de l'affliction qu'elle oubliait peu à peu.
Ses pensées abscons étaient maintenant tournées sur cette route qu'elle ne connaissait pas. Une douce quiétude vint alors la détacher de ses liens tourmentés et la guider à travers la pénombre. Plus elle faisait avancer la jeune fille, plus les souvenirs de sa vie qui avaient afflué dans son esprit disparurent.
Elle était enfin libre de son cauchemar éveillé. Pourtant, elle n'en avait pas fini avec cette route, alors que les vrombissements du terminus, lui, s'était nettement rapproché. Aussitôt, elle se demanda :
"Que peut bien faire une sans âme comme moi sur cette route usée par la vie ?"
Le terminus entama presque l'entièreté de son trajet, il n'était qu'à un cheveu d'elle, dorénavant. Il était sur le point de frapper à sa porte. Elle décida donc de défaire son voile blanc qui l'oppressait puis d'embrasser la voute céleste, dont les étoiles convulsait d'une vive nitescence. La nuit était l'une des dernières merveilles qu'elle pouvait contempler sans que la peur lui tiraille le ventre, sans qu'elle n'explose devant son visage innocent, sans qu'elle ne présage tout simplement la mort.
La jeune fille leva les bras au ciel, rêvant de lui décrocher sa demi-lune. La lumière prit cet instant de sa misérable vie pour la mettre en valeur. Un bruit tonitruant essayait d'attirer l'attention mais elle gardait la tête haute, pour être un peu plus près de son havre de paix. Ses oreilles sifflaient. L'instant se figea. Le regard braqué sur quatre étoiles qui, à ses yeux vides, rutilaient davantage que les autres, des présences familières émanaient d'elles. Elle pariait que c'était sa famille, partie trop tôt sous une vague de bombardement, et qu'elle veillait sur elle.
Soudain, une voiture la percuta de plein fouet. L'impact avait été si violent qu'elle fut propulsée à quelques mètres au loin. Les muscles de son corps s'engourdirent, sa vue, toujours en direction de la nuit de poix s'embrouillait. Son pouls ralentit. À son ultime battement de cœur, elle prononça avec peine :
"J'en ai fini avec cette guerre. Il est temps que ma famille soit... au complet".
Une jeune membre rejoignit cette famille d'étoile et c'était grâce à la route qu'elle y était parvenue.
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