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Ténèbres 2028

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YEL

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Le ciel est d’une couleur étrange, je le vois commencer à descendre, il faut faire vite sinon le peuple n’aura plus d’oxygène. Tout le monde se précipite dans les gares, aéroports, hangars, guidés par ce choc inquiétant palpable dans les regards. La nouvelle est diffusée sur le net, mais les appareils se mettent petit à petit hors service. Des étoiles de toutes les couleurs apparaissent dans l’espace, la lumière m’hypnotise, la panique se fait de plus en plus sentir. Je retourne dans mon appartement me camouflant le visage pour chercher quelques affaires qui me tiennent à coeur, un réflexe. Je me surprends à passer de longues minutes à faire mes choix pendant qu’un taxi d’aide m’attend à l’extérieur, pour m’amener direction la gare. Je suis perdue entre mes pulls, mes papiers, mes objets, je verse tout ce qui me passe par la main dans des sacs. Ma soeur m’aide à les porter dans le coffre de la voiture, en regardant le visage de la conductrice, je perce dans son regard la panique et l’urgence. Elle m’ordonne de venir au plus vite. Je me dépêche. Ma mère m’appelle, je ne peux pas décrocher. Dans le taxi, milles et unes questions se bousculent dans ma tête. Où suis je? Que se passe t’il? Je ne sais pas où est mon copain. Le ciel se rapproche, cela me fait peur, mais sa couleur est attrayante et magique, je ne peux m’empêcher de le regarder. Je finis par appercevoir mon copain au loin, c’est lui j’en suis sûre, je me précipite vers lui, en vain. Il a disparu. Je ne vois plus que sa capuche grise s’éloigner. J’arrive à la gare, mes valises sont lourdes. Je dois faire vite, vite, vite. Mon coeur bat. La panique devient de plus en plus forte et j’apperçois des personnes s’effondrer à l’extérieur, de l’autre côté de la vitre de la gare, par manque d’oxygène. Il fait sombre. Mon téléphone n’arrête pas de sonner, au moment où je décroche il s’éteint.




Je me réveille assourdie par une voix hurlant de douleur. Cette voix est féminine, j’imagine cette femme, brune aux yeux perçants, une idée qui traverse mon esprit. Il fait chaud et je ne vois rien, je suis plongée dans le noir. J’essaie de me lever, mais c’est impossible, je n’arrive pas à bouger mes jambes. Je suis bloquée et en panique, des gouttes coulent sur mon front, je suis en nage. Je sens comme une odeur aigre tout autour de moi, j’ai la nausée. Il faut que je me concentre, que fais je donc ici? J’entend soudain de nouveau cette femme crier, mais cette fois ci, sa voix me semble familière. Je réflechis. Un tout plein d’images me viennent à l’esprit, des flashs pénétrants, je les ressent. C’est comme si je réussissais à revivre des moments par les sensations corporelles. Je suis subjugée par mon esprit plongé dans un profond echo. D’où me viennent tous ces flashs? Que m’arrive t’il? Il faut que je me sorte d’ici mon imagination devient trop aigü, je n’arrive pas à me souvenir maintenant. Mes jambes sont paralysées mais je peux toucher mon visage avec mes mains. J’essaie de me mordre le doigt, je ne ressens pas la douleur habituelle, je ne ressens même rien. Je touche mes cheveux ils sont courts et humides.
Je respire profondément, je m’apprête à crier pour appeler à l’aide lorsqu’une lumière perçante me reveille.




J’entend une voix qui me parle. Mais je ne perçois pas le sens des mots. J’entend un brouhaha tout autour de moi, j’ouvre les yeux. Ma soeur est à côté de moi et me tend un papier. Je crois qu’elle me dit que c’est mon copain qui me transmet ce message, qu’elle ne peut pas m’en dire plus. Je reprend mes esprits, je suis à la gare. J’ai sûrement du faire un malaise, je sens l’inquiétude monter dans mon corps. Les hauts parleurs de la gare s’apprêtent à être utilisés, j’entend ce bruit strident fait par le micro avant chaque utilisation.
« Mesdames , messieurs. Calmez vous. La situation est sous contrôle. Vous êtes ici en sécurité. Nos agents ont activé le mode bunker de la gare. Vous allez être répertoriés chacun votre tour, nous vous appelerons. Pas de panique. Merci » Sa voix est flippante. Je commence à ouvrir le papier que j’ai dans les mains, le mot que ma soeur m’a tendu tout à l’heure. « Rejoins moi au plus vite à l’escalier 14. Révélations à te faire. » Intriguée, et appeurée je lâche un cri. Je panique. Escalier 14. OK, à droite. Je me dirige en traversant une foule oppressante, vers la sortie du hall principal. Je ne peux pas passer les portes de sorties sont bloquées. Je retourne alors sur mes pas, quand soudain, quelqu’un que je n’arrive pas à distinguer me tire par le bras, en arrière.



J’ai mal à la tête. Où suis je? J’entend une femme hurler de douleur. Alors je me souviens que j’ai déjà entendu cette voix, les flashs me reviennent. Cette fois je peux bouger mes jambes, mais je suis toujours plongée dans cette obscurité aveuglante. J’avance de quelques mètres dans l’espoir de pouvoir découvrir quelque chose, en vain. Je marche à l’infini sans que je ne puisse toucher, ni sentir une présence, un objet. Il fait très chaud. J’avance de plus en plus vite, je veux sortir de cet endroit. Mais quelque chose m’attire, il faut que je marche encore. La voix féminine me parle maintenant. Je dois la trouver. Je connais cette personne.
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