Temps physique et temps vécu.

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Votre Shy Cat aime philosophie et poésie , cherchant, encore et encore le sens d' une présence! http://www.monbestseller.com/actualites-litteraire/8724-pourquoi-jecris-18#comment-44022 Si la  [+]

Ici se fait le passage entre physique et métaphysique. Nous avons trouvé deux éternités, deux contraires du temps, l’éternité de Dieu et le ralentissement infini du temps pour des cosmonautes qui tomberaient dans un trou noir.

Ces deux temps ne sont pas du temps pour nous, ce sont des produits de notre science, de notre imagination, de notre croyance, mais personne ne vit ces temps.
Car, et ici nous reprenons toutes et tous les analyses de Bergson dans les Données immédiates de la conscience, le temps réel est vécu, intimement et immédiatement vécu.

Avons- nous trouvé le temps, l’unique, celui que nous cherchons en vain ?
Il est trop tôt pour trancher, mais il est temps de nous étonner, car nous avons oublié combien les analyses de Bergson étaient paradoxales et discutables : ce qui est, notons le, le signe d’une grande philosophie.

Les analyses de Bergson sont métaphysiques, purement métaphysiques. Pourtant, à l’époque de Bergson le discrédit de la métaphysique était aussi important qu’aujourd’hui (même si, effet de mode ?, le terme redevient « acceptable »).
Ici Bergson a, en réalité, profondément modifié le sens du terme métaphysique, car sous sa plume, elle devient ce que tous les hommes vivent, ici et maintenant, ce que la science nie, méprise, oublie : le temps comme durée vécue.

Car nous avons oublié, deuxième paradoxe, la violence des attaques de Bergson contre la science.
La science nous ment et nous aliène : tel est le message, iconoclaste, de Bergson.
La physique nous indique que le temps est quantitatif, mesurable, homogène, abstrait et objectif.
Tout cela est faux, pour Bergson, le temps est vécu, il a l’hétérogénéité de nos états de conscience, se ralentit dans l’ennui, s’accélère dans l’amour.

Le temps bergsonien ignore superbement les montres, la mesure, l’objectivité. La durée est ma durée, le temps ne fait qu’un avec ma conscience : le temps est hétérogène et qualitatif.
Et les images poétiques sont le réel, le temps a une saveur, une odeur, il dépasse l’instant, en intégrant telles les notes d’une mélodie, le passé et l’avenir.

Toutefois l’analyse a ses lacunes, une des plus visibles est l’intersubjectivité du temps.
Ce temps est mon temps, celui d’une conscience totalement libre et imprévisible qui meurt et renaît à chaque instant : où est l’unité de ma conscience, où sont les autres ?
Nous retrouvons la question de l’identité, identité personnelle qui devient impossible à défendre si l’hétérogénéité de ces instants de conscience est réelle. Se pose aussi la question de l’identité spécifique, car c’est cette irréductible vie intérieure qui fait, ô paradoxe, que l’homme est identique aux autres hommes : tous identiques car tous plongés dans des temps différents ?

Tout cela est passionnant, mais alors d’où vient ce discret parfum d’ennui attaché à la pensée de Bergson ?
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