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Te souviens-tu ?

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Gaetan Goubau

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- Te souviens tu de nos galopées échauffées dans les champs de coquelicots, de nos fous rires inspirés, de l'odeur du blé frappant nos visages comblés ?
Te souviens tu de nos envies, de nos désirs ?
Moi, voulant être pompier, toi voulant être heureuse.

- Je me rappelle que déjà je comptais sur ta force et ton enracinement dans le réel pour rester en contact avec le vrai monde. Tel un ballon, je planais dans la stratosphère et toi seul m'empêchait de quitter l'orbite.

- Tu étais ma seule source vers l'infini, mais je risquais de t'y perdre, alors je t'ai tenue, espérant ainsi te garder auprès de moi, ma douce amie.
Tu ne cesses de me jeter des fleurs, et jamais aucune épine ne m'a coupé, ne m'a griffé, car tu prenais soin de les tirer.
Tu étais ce genre d'amie, tu aimais les duels amis, à épines tirées.

- Dans ta tendre affection tu me ramenais vers toi, oui. Je me souviens que tu enlevais les pierres qui risquaient de me faire trébucher, alors que j'avais toujours la tête en l'air. Jamais tu ne me l'as reproché et personne d'autre n'a su montrer la même patience. Ton amitié m'est le plus précieux des trésors.
Te souviens-tu, cet été où une querelle de notre groupe d'amis avait presque réussi à nous séparer ?

- C'est vrai, je ramassais les pierres que tant de mauvaises âmes semaient sur notre chemin, souhaitant nous faire basculer. Mais même si je n'avais su toutes les retirer , je t'aurais volontiers relevée, comme tu le faisais, rien qu'en me tendant tes yeux, où je lisais tant de compassion, tant d'amour, tant de haine, aussi. Je me souviens de ces amis jaloux d'une telle complicité, partagée par les arbres et les cieux seulement, couvrant nos deux êtres de leurs célestes bras.

- Je n'ai jamais pu supporter que quelqu'un te fasse le moindre mal. Nous étions plus que frère et sœur siamois. Chacune de mes inclinations je les retrouvais chez toi, de même que nous avions les mêmes aversions. Jamais un sujet ne nous a tenus éloignés l'un de l'autre. Et pourtant, nos joutes verbales impressionnaient les spectateurs, chacun de nous défendant son idée, mais finalement nos ruisseaux formaient une rivière commune, plus riche encore.

- Qui donc a le pouvoir de faire du mal au bonheur ? Siamois dis-tu ? Nous étions un. La fusion nucléaire, c'était un concept, alors que nous l'avions fait depuis si longtemps. Nos joutes tantôt verbales, tantôt puériles, rendaient jaloux jusqu'à la lune et le Soleil, c'est pourtant eux qui nous éclairaient, tour à tour, lors de nos virées nocturnes et journalières, même les marées de Dame Lune ne purent nous séparer, et encore moins les éruptions solaire de son amant. Unis jusque dans la terre, nos ancêtres se réveillaient, entamant leurs marches nocturnes qui inspirèrent tant d'artistes.

- Nous étions et sommes toujours le yin et le yang, les différents aspects d'un même tout. Nous sommes l'immatériel et le temporel. Tes idées, tes mots suscitent chez moi l'épanouissement de bouquets entiers plus éclatants que les feux d'artifices. Te savoir exister me permet d'être moi, sans arrière pensée. Notre amitié a survécu à tous les anéantissements et chagrins que nous avons subis. Elle est le roc dans la tempête, l'abri nocturne quand la panique gagne et le remontant pour repartir à l'assaut, lorsque l'on se croit submergé.

- Et tel un bateau voguant dans la tempête, nos émotions , nos sentiments voguent, tanguent ensemble. Même séparés, nous sommes inséparables. Te souviens tu encore de l'odeur de mes yeux, de la couleur de mon cœur, de la texture de mon âme ?

- Mon merveilleux ami, tes yeux ont le parfum de l'espoir, ton cœur chante toutes les symphonies du monde et ton âme brille et réchauffe ceux qui l'approchent. Si tous peuvent en ressentir les bienfaits, moi seule connaît leur source. Le jour où elle se tarira, je me fanerai définitivement sans espoir de renaissance.

- Ma douce amie, tant que le soleil brûlera, tant que la lune éclairera nos virées, tant que l'eau mouillera, tant que mon cœur vivra, nos ombres se toucheront et jamais ne cesseront de voguer ensemble vers un avenir, voire un passé merveilleux. Je t'aime ma douce amie, comme les fleurs aiment le Soleil, comme la terre aime la pluie, comme eux nous sommes unis.

- Pour toujours : dans cette vie et les suivantes...
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Fleur de Tregor · il y a
Oh, belle déclaration ! Bravo.
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