Spy and Co

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Bonjour Je m'appelle Paul, j'ai toujours rêvé d'écrire. Je participe modestement à un atelier d'écriture depuis environ deux ans. Je n'ai aucune prétention particulière, sinon celle  [+]

— J'aime la façon dont vous tripotez votre téléphone.*

C'est ainsi que Mickaël engagea la conversation avec la belle brune adossée au bar. On lui avait dit que son contact serait féminin, mais connaissant ses habitudes de vieux dragueur sur le retour, on avait préféré lui cacher la grande beauté de celle ci. Son œil aiguisé saurait la repérer à coup sûr.

— Qu'est ce qui vous amène ? demanda t'elle d'un ton badin.
Elle savait qu'elle plaisait aux hommes, et que sa séduction constituait une arme de destruction massive. Toutefois contrairement à ses cibles habituelles, celui ci ne se laissait pas décontenancer.

— Vous n'êtes pas plus bête qu'une autre, vous savez bien, répliqua t'il du tac au tac. Après tout il n'était pas là pour enfiler des perles... il avait une mission à accomplir pour la patrie.

— Va savoir ! ricana t'elle.
Aucun doute, c'était celui qu'elle attendait. Il fallait bien qu'elle l'amène à dévoiler son jeu d'une manière ou d'une autre.

— Vous savez, il y a beaucoup d'oreilles jalouses dans les bistros.
C'est ainsi qu'il espérait l'attirer au dehors, afin de passer à un interrogatoire plus musclé. Ces échanges à demi mots en langage codé digne de la guerre froide commençaient à le lasser.
Afin de rendre la chose plus crédible, il tenta :

— Vous prendrez bien quelque chose ? Puis il enchaîna, pour moi ce sera un Martiny Dry... au shaker, pas à la cuillère, secoué non agité.
À cet instant, intérieurement Mickael s'identifiait pleinement à un célèbre agent secret britannique crée par Ian Fleming à l'aube des années 60.

— Eh bien je prendrais une coupe de champagne. Elle se ravisa aussitôt, mais je n'irai pas jusqu'aux fraises pour l'accompagner.
Elle se mouvait langoureusement, prenant soin de chacun de ses gestes, espérant ainsi déconcentrer cet homme au regard bleu acier qu'elle ne pouvait s'empêcher de trouver séduisant. Ces muscles saillaient de sa chemise blanche ajustée négligemment ouverte sur un poitrail glabre mais néanmoins bronzé. Son costume gris aux revers bleu était impeccablement taillé. Il avait accordé sa ceinture à l’acajou de ses bottines.
Son tailleur ne peut venir que de Panama, pensa t'elle.

En parfait gentleman, il prit les verres que lui avait apporté le barman, il ne voulait pas que celui-ci les portent sur un plateau, et puis n'avait il pas été serveur lui même, après avoir grandi dans le Bronx.

Elle se laissa guider au dehors. Mais, en passant derrière lui, elle avait pris soin d'armer le canon de son pistolet automatique. L'Agence lui avait bien précisé que sous des dehors charmeurs, Mickaël LARS était un redoutable assassin. Il avait été formé aux écoles de la CIA et du MIT, où l'on apprenait à se détacher totalement de tout affect, pour ne pas s'écarter de la mission.

— Vous venez souvent en villégiature ici ? questionna t'elle pour rompre le silence qui se faisait de plus en plus pesant à cet instant.
— Je suis ici pour affaire, import-export pour Universal Export, et j'avoue avoir peu de temps pour profiter des charmes de l'endroit.
— Et votre job, vous plait ?
— Oui on chine, on découvre, c'est un peu de l'archéologie de bazar. On tombe parfois sur des objets inattendus... Quand on est passionné on est toujours sincère, enchaîna t'il afin de poursuivre plus avant la conversation.
— Vous parlez affaire professionnelle ou privée ?
— Mais on peut concilier aisément les deux... Puis il ajouta, j'ai l'impression d'être face à un mur.
— Vous savez que chaque femme est une île au trésor, lui rétorqua t’elle. Avez vous une âme de chercheur d'or ?
— Ce sont plutôt des renseignements que je recherche... mais peut être cherchons nous la même chose !
Dans les jardins derrière le bar, il entreprit de lui prendre le bras afin de lui faire une clé, mais il n'avait pas vu l'acier étincelant de l'arme qu'elle dégaina de l'étui caché au creux de sa cuisse gauche. Elle pressa l'objet métallique contre son entrejambe, lui ôtant ainsi toute velléité agressive.
—Vous savez si le coup devait partir, on fait des miracles avec la chirurgie reconstructrice de nos jours.

Surpris pas ce geste rapide et finalement très professionnel, il desserra son étreinte. Malheureusement pour lui, cela lui laissa assez de temps pour qu'elle déplace son arme contre son abdomen, et tire deux coups brefs, estompés par le silencieux. Elle accompagna sa chute dans un bosquet.
En bonne professionnelle, elle prit soin de fouiller toutes ses poches afin d'y trouver l'enveloppe contenant la liste de l'ensemble des agents de la DST à éliminer. Elle s'assura également de lui ôter tous les éléments (portefeuille, Smartphone, trousseau de clés) qu'elle trouva sur lui afin de rendre son identification compliquée si jamais on retrouvait le corps...
Elle composa sur son téléphone le numéro de l'Agence, et dit :
— Je ferais bien une promenade en forêt
Il fallait bien se débarrasser du corps. Deux sbires arriveraient dans peu de temps afin d'enlever le cadavre encore chaud dans une fourgonnette anonyme et de l'enterrer quelque part en forêt de Rambouillet. S'ils avaient fait correctement leur boulot, le trou était d'ailleurs déjà creusé.
Une fois qu'ils seraient arrivés, elle prendrait un Uber, et disparaîtrait dans une berline sombre et anonyme pour une destination connue d'elle seule.
J'ai mis mon cœur en mode silencieux, murmura t'elle en dévissant le cylindre encore fumant du canon de son walter PPK, elle avait toujours aimé ce pistolet devenu mythique depuis les films de James Bond, elle le trouvait fin, assez féminin pour tenir dans un sac à main.
Elle passerait chercher son chèque en début de semaine.
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