3
min

Souvenir

Image de CrzyGrl

CrzyGrl

27 lectures

0

Rentrant dans mon appartement les bras chargés d’une énorme boîte marron, je la pose rapidement sur le tas de cartons se trouvant dans l’entrée.

Je me dirige vers mon canapé placé un peu plus tôt dans le petit salon.

Bousculant une pile de cartons pas très équilibrés, celui placé en hauteur dégringole, il s’écrase bruyamment contre le plancher, déversant le contenu de la boîte.

Je souffle doucement avant de me baisser pour remettre en place la boîte.

Je me rends soudain compte qu’elle ne contenait que des pochettes emplit de feuilles.

Certaines sont tachetées de café ou de chocolat, d’autres sont abîmées ou encore, gribouillées de petits dessins n’ayant aucun lien spécifique avec l’alignée de phrases.

En en replaçant quelques unes, je réalise que je n’avais jamais mis ce carton dans ma voiture.

Enlevant une mèche de cheveux me barrant le visage, je redresse mes lunettes sur mon nez retroussé par l’incompréhension.

Tout en prenant d’une main une étrange pochette, je me demande ce que peut bien vouloir dire ces feuilles.

Je jette un coup d’oeil autour de moi avant de m’installer sur le canapé.

"Souvenirs" est inscrit en grosses lettres sur la couverture de la pochette. J’enlève l’élastique bloquant son ouverture et l’ouvre, intriguée et désorientée par cet objet.

"L’histoire, c’est l’histoire d’un commencement. Aveuglée par mes rêves d’enfant, je redescends brutalement sur terre en voyant mon monde disparaître. Allongé sur le goudron, elle me regarde, agonisant. Ses yeux emplit de larmes me cris de l’aider. Je ne peux pas bouger. Non, il m’est impossible de m’agenouiller à ses côtés. Un nouveau sentiment fait irruption dans mon coeur. J’ai peur, peur de ce qu’il va suivre. Je n’entends que quelques bribes du son que provoquent les personnes autour de moi, se remuant pour venir à son secours. Ils ne doivent pas l’approcher, je ne veux pas quitter son regard. Et pourtant, mon corps ne m’obéis plus, il reste là. Choqué par la violence du choc entre la voiture et mon amie, je laisse les larmes dévalées le long de mes joues rosées. Criant à en perdre la voix, des milliers de petits yeux se retournent pour me fixer comme une bête de foire en cage. Je suis, à présent, seul."

Un frisson me traverse la colonne vertébral et une bouffée de nostalgie me submerge en lisant ce premier paragraphe.

Des perles salées roulent sur mes joues, finissant leur chemin en s’écrasant contre la feuille.

Un collier, ayant comme pendentif un petit trèfle à quatre feuilles, est accroché à l’intérieur de la pochette.

Je me souviens... c’était ce bijou, celui de mon arrière grand-mère Julia, on me l’avait offert lorsque j’avais eu mes quinze ans.

Je l’avais mis tous les jours, sans exception, je me rappelle quand ma mère m’avait dit d’y faire très attention. J’avais versé une simple larme, c’était surement le plus beau des cadeaux que l’on pouvait m’offrir, j’étais tellement heureuse ce jour-là.

Ma grand-mère m’avait alors raconté l’histoire du pendentif de sa mère. Son grand amour lui avait offert. Mamie l’avait eu à ses 15 ans, sa mère voulait que ce souvenir se perpétue de génération en génération, elle était tellement émue de pouvoir me l’offrir à son tour.

Durant de long mois je l’avais gardé, jusqu’au jour où il me vint l’idée de commencer une histoire me tenant à coeur.

Cette histoire ne devait pas être comme les autres. J’avais, bien sûr, déjà écrit au par avant, faisant de l’écriture une passion sans fin.

Alors, j’avais accroché le collier à la pochette, puis, un an plus tard, je finissais l’histoire que j’avais cachée dans le grenier.

Si j’avais mis le pendentif à cet endroit, c’était pour être sûr qu’il soit en sécurité et que je puisse retrouver ce petit bout d’argent facilement. Il me rappelait énormément de souvenirs.

Je l’avais ensuite remis le jour de l’enterrement de ma grand-mère. Je me rappelle l’avoir cherché des heures, finissant par pleurer de frustration lorsque je croyais l’avoir perdu.

Je me sens impuissante face à cet épouvantable souvenir, j’étais désespéré de ne pas le retrouver et voir la scène revivre sous mes yeux me transperce le coeur.

Honteuse et anéantit, c’était ces émotions ressortit, me claquant au visage, je laissais alors échapper un reniflement, suivi de plusieurs sanglots étouffés.

Heureusement, j’avais fini par le retrouver, finissant par détester ce stupide écrit.

C’était comme si je m’y trouvais, assise sur le vieux planché du grenier, fouillant dans les cartons couverts de poussière. Quelle idée avais-je eu de mettre un objet si précieux pour moi dans un endroit aussi sordide ?

Je n’avais plus écrit depuis le décès de ma grand-mère, c’est-a-dire, depuis des années.

J’avais rangé un cartons rempli de feuilles qui n’avaient, jusqu’à aujourd’hui plus d’importance.

C’était ma mère, j’en étais sûre. Avant de partir, elle m’avait aidé à ranger les cartons et elle avait glissé celui-là parmi les autres et bien sûr, je lui en étais reconnaissante.

Pour la première fois depuis des années, je recommençais à écrire, écrire ma vie, mes souvenirs, mes sentiments.

Ce souvenir m’avait fait autant de mal que de bien, il était enfoui au plus profond de moi et avait ressurgi après toutes ces années.

Dormant au plus profond de mes entrailles, il avait fini par se réveiller le jour tant attendu, lorsque j’aurais été prête à le revoir.

Un pendentif et des écrits ne sont pas très important pour vous, mais pour moi, c’était le plus beau souvenir que je pouvais avoir.
0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,