Souffle de soufre

il y a
1 min
30
lectures
3

"She wears strength and darkness equally well, the girl has always been half goddess, half hell." -Nikita Gill  [+]

Il fut une nuit, voilà des mois de cela, où je connus ce que l’on nomme communément la Passion. Il n’y a rien au monde qui rende la vie plus douloureuse. Depuis des jours, depuis des semaines, chaque respiration était un abîme de souffrance, chaque atome de mon corps était rongé à l’acide. Tu me manquais au point que, après avoir prié le ciel des milliers de fois, j’hésitais à tourner mon âme vers le sol, à crucifier mes anges, à renoncer à toute lumière future pour retrouver ton corps, pour y goûter encore.

La nuit était trop noire. Mon ventre brûlait trop.
Je sentais chaque fibre des draps coller à ma peau.
Et mon esprit s’est projeté comme un immense prédateur à ta poursuite. J’ai traversé l’espace dans un chaos de vitesse et de lumière, et l’Univers courait à mes côtés. J’ai appelé à l’aide toutes les étoiles, et les galaxies tout entières. Les trous noirs pulsaient cette nuit-là, et les supernovas irradiaient. Toutes les ondes cosmiques se sont ruées vers la Terre et t’ont encerclé : Mâle, j’ai commis un meurtre, mon Désir a tué ta Volonté.
Tu es venu.

Peut-être personne ne l’a-t-il perçu, mais cette nuit-là, ce fut la fin du monde.
Ton corps et mon corps, et j’aspirais ton âme par tes lèvres. Je crus revivre. Toutes mes chaînes sont tombées. Nous nous sommes dévorés en titubant. Je m’étouffais de toi. Un vent d’Apocalypse soufflait dans nos baisers.
Ton corps est mon corps. Quelle autre explication à cette apothéose ? Tu es cette parcelle d’absolu qui vient me rendre complète, et sans laquelle j’erre, implorante, à la recherche d’un sens.

Tu me rends animale. Mes crocs sur ton cou, mon visage enfoui en ta peau, et les effluves de ton parfum se faufilent jusque sous mes paupières. Elles palpitent, papillons à l’agonie. Tout s’effondre en moi quand je suis ta possession.
J’avais l’impression d’être saignée à blanc par la passion.
J’aurais tué pour ne jamais quitter ton étreinte. Je le jure, je le sens à la douleur irrémédiable et au désespoir plein de honte et d’ahurissement que cela crée en mon âme, j’aurais tué.

Tu me répétais, souffle de soufre à mon oreille, démon délicieux, démon de lumière, tu me répétais que je te rendais fou.
Et j’avais envie de te crier avec rage que cela n’était rien, car toi, toi,
Tu me rends démoniaque
Tu me rends inhumaine
Tu me rends esclave !
3

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,