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Songe d'une nuit d'été

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Corinne Bel

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Tom et moi avions été chargés d'accueillir Lucie à la gare voisine. C’était une des participantes au stage de musique auquel nous nous étions inscrits, une violoniste fort jolie, une brunette au sourire éblouissant.
La glace était rompue rapidement, en plus d’être ravissante elle était aussi très drôle.
Je sentais Tom sous le charme et j’étais étrangement touché.
Cet agréable contact avait été les prémices d'une véritable entente et au fil des jours nous étions devenus inséparables.
L’avant-veille de la fin du séjour, une soirée avait été organisée, festive et joyeuse, mais nous avions faussé compagnie à nos camarades.
Coeurs pincés à l’idée de notre séparation prochaine, nous avions préféré aux agapes bien arrosés une petite balade nocturne.
A mi chemin du pré en pente douce, bien avant d’être aux rives du ruisseau, la pluie à grosse gouttes chaudes nous avait surpris.
Lucie s’était mise à danser, on aurait dit une adoratrice de la Wicca, et je ne doutais pas à cet instant qu’elle fût sorcière tant nous étions envoûtés par sa grâce.
Sa robe mouillée épousait ses courbes, les laissant deviner parfaites.
Les nuages crevés laissaient enfin passer un rayon de lune, son corps pâle, qu’elle avait maintenant dénudé, en était tout éclaboussé.
Soudain Tom était derrière elle, collé à son dos et l’enserrait de ses deux bras. Elle avait rejeté sa tête en arrière livrant son cou à ses baisers. Je restais immobile, fasciné. Elle avait alors tendu sa main vers moi dans une invite à laquelle je ne pus résister.
Lucie était devenue son violon, fantastique métamorphose, elle vibrait de toutes ses cordes.
Je n’ai ensuite plus de souvenirs précis, nous n’étions plus que sexe, bouche, doigts et peau.
Des corps si imbriqués que nous n’en formions plus qu’un, un volcan en éruption.
Plus vraiment de souvenirs, mais des sensations, celles des caresses tendres puis audacieuses, celles d’être devenu le ciel, la terre et les arbres réunis et cette fleur qu’on écrase et ce ruisseau qui murmure... Et une odeur, celle mélée de l’herbe mouillée et des corps en émoi.
Quand nous étions nous endormis, repus de plaisir partagé ?
C’est la fraîcheur du petit matin qui m’a éveillé. Tom ouvrait les yeux et a souri. Lucie s’est redressée, radieuse.
Il fallait que l’on regagne le ‘’château’’ et, heureux et enlacés, nous pouffions à l’idée d’être surpris dans nos vêtements tout chiffonnés.
Je pensais aussi au concert que nous allions donner le soir, à la salle de fêtes du village et je savais qu’en jouant Le songe d’une nuit d’été de Mendelssohn (l’ouverture), nous allions être virtuoses.
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Virgo34 · il y a
Poétique et sensuel.
Mon pantoum (Rêve d'ailleurs) est en cavale dans la Matinale. Je vous invite à aller le lire pour le soutenir s'il vous a plu. Merci.
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/reve-dailleurs-pantoum

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Utilisateur désactivé · il y a
Merci pour ce partage de texte aux allures poétiques, j'aime.