Solitude en bord d'impatience

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17.35.
J'attends.
Et j'admire. Je regarde. Je sens. Je vois.
Le soleil couchant embrasse le pied de la Bastille avec une tendresse chaude, orangée, laissant en solitaire le ciel bleu de ce mois de février s'étendre au dessus de nos têtes.
Les arbres, debout devant l'astre de lumière bientôt disparu, se sont transformés en l'ombre d'eux même. Nous pourrons les deviner magnifiquement bien, les contours précisément découpés,sur ce fond de feu.
Il me faut bien peu pour aimer. Simplement une lumière, un instant, une couleur, une musique. Si peu que notre réchauffe cœur s'est déjà glissé derrière l'horizon, et en sortant, plus loin, ailleurs, sur d'autres Terres.

Et j'attends.
J'attends que mon petit Être de Lumière vienne prendre la relève. J'attends blottie dans cette impatience qui gronde en moi.
Peut être dans mon imagination, même, peut être, oui, que j'attends si fort de peur qu'elle ne vienne pas. Qu'elle ne vienne plus.
Mon étoile.
La nuit va plonger sur la ville bien vite et j'ai besoin d'Elle.
J'attends parce qu'en réalité, peut être, même, que je ne peux rien faire d'autre, que de l'attendre, toujours.

Je suis la, au milieu de tout, du brouhaha de la ville en pleine effervescence, de conversation privées qui se veulent publiques, de partages trempés de l'émotion de retrouvailles, de peines de cœur qui s'évanouissent au bord des yeux, et des lèvres, et moi, moi, je suis au milieu de tout ça, confinée dans mon silence, à sortir des mots pour les empreindre ici, et aussi à lever le regard de temps en temps, souvent, sans parler, toujours pas, jamais, à regarder la vie, de loin, sans me sentir vraiment dedans même étant au milieu de tout, et marquer dans mes pupilles reliées intrassequement à ma mémoire, des détails anodins comme la tracée blanche coton, éphémère, d'un avion fuyant pour un ailleurs tout aussi incertain que l'ici qu'il quitta, comme ces gens défilant et qui encore semblent courire après... Je ne sais quoi, ou ceux flânant en guise d'économie de carburant -la vie est duré de nos jours-, comme le temps qui passe et qui tombe semblable à un nuage de poussière transparente, qui s'effrite plus vite que les secondes, une neige déjà fondue mais dont la fraîcheur qui maintient éveillés.

Et j'attends. Toujours.

J'attends et je l'écris car je sais que j'attendrai plus longtemps que prévu et qu'il faut que je trouve de quoi nourrire ma hâte dévorante, si active que j'en suis épuisée...

J'attends et mon œil guette une silhouette familière. Guette... Guette... Et retombe, déçu.
Puis se relève.

Et Il attend. Il attend de repérer la Rose et son effluve, une démarche armée d'une hâte jumelle à la sienne, un visage qui chanterait l'amour, de croiser un regard qui reconnaîtrait l'évidence, de glisser sur une peau qui chuchoterait cette douceur.

Il attend, passant d'erreur en tromperie, d'inconnu en inconnu.
Il attend. Immobile. Il se trouble. Part. Se faufile dans les marécages de son imagination, dans des voyages, dans hypothèses.
Puis il revient.
Pour à nouveau, jusqu'au moment, ne plus avoir à attendre.
Il aura trouvé.
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