Soirée entre voisins

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Cécilia dormait profondément. À côté de son lit, son bureau était couvert de dossiers de parapsychologie. C’était sa passion et son métier : étudier et comprendre les phénomènes paranormaux. Sa maison était située sur une colline du pays de Retz. Elle habitait ici depuis quatre mois. C’était son patron qui lui avait trouvé cette maison. Il savait bien qu’elle l’achèterait malgré le fait qu’un an auparavant, un homme avait enlevé douze personnes et les y avait torturées jusqu’à la mort. Ensuite, il les avait enterrées dans le jardin. Par la fenêtre de la chambre, on pouvait apercevoir les tombes. Cécilia n’y accordait aucune importance.
Il était onze heure du soir. Tout était calme. Son chat était allongé sur le tapis auprès du lit et dormait aussi. Comme tout animal qui dort, il gardait néanmoins une oreille attentive. Il fut réveillé par le bruit de la porte d’entrée, au rez-de-chaussée. Il se leva, et descendit les escaliers. Une fois arrivé en bas, il s’assit sur le parquet et attendit de voir qui arrivait à cette heure. Après qu’il eu découvert le visage de ce mystérieux visiteur, le chat effrayé alla se réfugier sous le canapé, le poil hérissé. Il l’entendit monter dans la chambre de Cécilia, puis il n’entendit plus aucun bruit, il décida de remonter auprès de sa maîtresse mais il trouva la chambre vide. Au même moment, Cécilia se réveillait frigorifiée. Elle se trouvait dans un endroit qui lui était inconnu. Elle ne comprenait pas comment elle avait pu être transportée ici. Elle se trouvait sur un lit, dans une chambre. Elle se leva et posa ses pieds sur le plancher en bois terne et rugueux. En observant autour d’elle, elle s’aperçut qu’il y avait quelque chose d’écrit dans la grosse épaisseur de poussière du miroir. Sous terre te voilà. Un cadeau tu recevras. Aussitôt tu repartiras, mais à tout jamais tu oublieras. Elle cligna des yeux en ignorant le message.
La chambre n’avait pas de fenêtre. Une seule issue : la porte. Elle s’en approcha doucement, en essayant de poser ses pieds nus aux endroits les plus propres, sans faire de bruit. Elle avançait. Elle n’était plus qu’à quelques pas de la porte. Elle regardait devant puis derrière elle. Une vieille lame du plancher céda sous son poids. Sa jambe droite passa au travers. Cécilia était bloquée, paralysée par la peur et par la douleur que produisaient les échardes de bois plantées dans sa cuisse. Elle se dégagea malgré tout. En retirant les échardes, elle découvrit une blessure sur son mollet. Le chiffre deux ruisselant de sang y était gravé. Qui avait fait ça ? Elle ne le savait pas. Soudain, elle se retrouva face à face avec une personne. Elle ne devinait pas si c’était un homme ou une femme. Cette personne avait le teint livide et les yeux sans pupilles. Elle n’avait pas l’air vivante. Elle avançait vers Cécilia qui recula et trébucha sur le plancher bosselé. Elle sentit la créature lui attraper le pied droit, la vit approcher sa main qui tenait un couteau et lui graver le chiffre quatre sur le pied. Cécilia se débattit, et se libéra. Elle se releva, le corps tremblant, se précipita vers la porte, et descendit les escaliers à toute allure. Une douleur atroce sur sa cuisse droite l’arrêta. Le chiffre six venait d’être écrit. En relevant sa tête, elle aperçu la porte d’entrée, s’y précipita et l’ouvrit. Alors qu’elle pensait arriver à sortir de la maison, elle se trouva face à un mur de terre qui bouchait la sortie, comme si la maison était enterrée. Elle recula, s’adossa au mur et se recroquevilla par terre, terrorisée. Quelque chose de pointu lui griffa le dos pour y dessiner le chiffre huit. En pleurant, sans arriver à crier, elle essaya dans un ultime effort de réfléchir. C’était peut-être un de ses cauchemars fréquents qui cette fois lui jouait des tours ? Elle en doutais. La douleur mêlée à la peur était trop intense. Elle se mit à hurler pour évacuer cette terreur. Elle se passait la main sur le front en pensant qu’elle devenait folle. Elle avait une certitude, elle était sous terre. Comment allait-elle faire pour sortir de cet endroit ?
Un silence assourdissant remplissait à nouveau les lieux. En regardant attentivement si personne ne la suivait où ne l’observait, elle se mit à parcourir cette immense maison, à la recherche d’un indice, d’une idée ou d’une issue. Un bruit sourd l’arrêta ; comme si on avait fait tomber quelque chose sur le sol de l’étage. Elle osait à peine respirer et son corps tremblait. Elle se mit à courir sans faire de bruit en direction du salon. Un clou sortant du sol la fit trébucher. Elle tomba lourdement et découvrit que le chiffre dix était inscrit sur son genoux gauche qui avait frotté contre le parquet.
En se relevant, une sueur froide l’envahit. À côté d’elle se trouvait le mur du couloir. Quelque chose était en train d’y être écrit. Je compte jusqu’à trois. Un... Deux... Trois. Une voix de femme se fit entendre. Elle lut cette phrase, et à trois, le sol s’ouvrit sous les pieds de Cécilia. Elle tomba de la hauteur d’un étage. Son corps, en atterrissant par terre, fit un fracas incroyable. Il faisait noir et froid. Cécilia était en larmes, ses nerfs l’abandonnaient. Une bougie déposée sur une table s’alluma, à quelques mètres d’elle. On pouvait entendre un grincement dû à une chaise qui se balançait. « Lève toi ! » Lui dit une voix d’homme. Elle exécuta l’ordre lentement, ne sachant pas quoi faire d’autre. « Approche et prends la bougie ! » Elle tendit le bras. Tremblante, elle prit la bougie. Une main à moitié rongée par la moisissure l’agrippa. « Que tu sens bon... Que ta peau est douce... Assieds toi ! » Elle retira sa main d’un coup sec. L’effroi lui faisait trembler le corps et était en train de lui faire perdre la raison. Elle s’assit sur la chaise qui était derrière elle. « Écrit sur la paume de ta main le chiffre douze avec la flamme. » Cécilia ne voulait pas le faire mais sa main droite qui tenait la bougie s’approcha de la paume de son autre main. Elle n’était plus maître de ses propres gestes ! Elle arrivait à hurler mais son corps ne lui obéissait plus. Une odeur de chair brûlée régnait désormais dans la pièce. Après cela, elle entendit la chose se lever. « Écoute, je vais te raconter une histoire. Un homme a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Il a fait subir les plus horribles choses du monde à mes onze amis et à moi. Je pense que les vivants sont ignorants et cruels. Tu as bien compris, je suis mort. Je suis un des voisins résidant aujourd’hui dans l’une des douze tombes de ton jardin. On a réussi à me dominer, à me faire faire des choses que je ne désirais pas faire. Maintenant toi aussi, tu seras dominée. Tu ne mérites pas de vivre ta vie, comme personne sur terre ne le mérite, puisque moi je n’en ai pas eu le droit. Je le ferai un jour comprendre à toute cette humanité dégoûtante. Les Hommes ne méritent pas de diriger la planète. Tu vas m’aider à faire changer cela. » Il avançait. Il se trouvait tout près d’elle. Il était habillé d’un costume déchiré qui recouvrait sa peau toute fripée. Elle avait compris qui il était, où elle se trouvait, et elle croyait savoir ce qui l’attendait : la mort. Elle perdit connaissance.
Cécilia s’éveilla. Elle était perdue dans l’immensité de son esprit dans lequel elle ne retrouvait plus rien. On l’avait retrouvée allongée sur le tapis de son salon, mutilée et pleine de sang, son chat près d’elle. Elle ne souvenait de rien ; pas même de son prénom. Personne ne pouvait expliquer ce qui lui était arrivé. Dans son dos, à côté d’un numéro huit, était gravé en minuscule : souviens toi toujours que tu n’es rien à part une de nos nombreuses esclaves. Débarrassons cette planète de ces vermines sans cœur. On ne l’avait pas tuée, mais on avait fait d’elle une incarnation de la vengeance des morts, qui obéissait à des ordres maléfiques. Après de nombreux meurtres inexpliqué dans le centre psychiatrique dans lequel elle était enfermée, elle était devenue malgré elle, un phénomène paranormal que l’on étudiait.
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