Soif

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L'écriture est essentiel dans ma vie. Écrire est un long prologue que je découvre tous les jours. Je suis une grande passionnée. Le monde n'a aucune limite à mes yeux.  [+]

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La flaque d’eau n’était qu’illusion.
Parce que l’eau, il n’y en avait plus.
Le désert partout, le mirage qui vous tombe dessus. La vie qui s’éteint.

Il m’a dit :

— Regarde cette eau au bord du trottoir… Crois-tu qu’on puisse la boire ? 

J’ai répondu :

— Il n’y pas d’eau… Tu déconnes ! 
Et nous en sommes resté là, à marcher en trainant la savate comme de pauvres miséreux dans le monde perdu de notre souffrance.

Plus âme qui vive dans cette rue immense.
Il avait soif et moi aussi.
On imaginait de l’eau partout.
On imaginait se glisser dedans, nager, flotter, humer et surtout boire cette eau miraculeuse qui nous manquait.
On se serait vautrés dans ce liquide tiède et bienveillant.
On se serait extasiés devant l’immensité de la nature.

Mais là, rien.

Le soleil tapait fort.
La bouche desséchée, on trainait nos pattes folles dans les méandres de la cité abandonnée.
Le caniveau désuet avait perdu de sa prestance. Nous étions consternés.

La soif avait décuplé notre imagination.
Nous étions comme des chiens errants, la langue pendante et le museau bas.
La poussière couvrait nos yeux vitreux. La fin était proche.

Soudain quelqu’un cria.
— Eh ! Réveille-toi ! Tu ronfles comme un damné !

Elle me regardait avec étonnement et une pointe de contrariété, la tête posée sur son coude.
Je lui ai demandé de l’eau. Elle m’a tendu une bouteille posée près du lit.
J’ai aspiré le liquide frais d’un seul tenant…
La beuverie d’hier soir m’avait totalement desséché.

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