Silence, on tue !

il y a
1 min
10
lectures
1

écrire pour se vivre encore et encore, pour jouer avec ses miroirs et ses mémoires. Ecrire pour se voir dans l'autre, pour voir l'autre en soi  [+]

4.02.91
Darwin était un brave gars. Un peu dommage, pourtant, qu’il n’ait pas trouvé des recettes pour évoluer plus vite. Je n’aurais plus qu’à le lire pour me faire deux trois manips afin d’arriver juste à l’endroit génétique de ma mutation absolue... Bien sûr que c’est une boutade ! Mais je n’avais rien de mieux
Je vois des bidasses qui jouent au baby-foot dans ce putain de bar et des petites nanas à moitié éteintes qui sirotent leurs breuvages économiques. Tout se passe comme si rien ne se passait. Et à chaque balle qui rentre dans les buts du baby, paf, 200 tonnes de bombes sur la gueule des civils irakiens. Quand on sera arrivé au moment de payer les dix-sept francs quarante du croque-monsieur, il y aura déjà eu trois ou quatre quartiers de Bassorah rasés. Et dans une demi-heure, aux infos, un journaliste qui aura oublié de s’habiller en kaki nous répètera – sûrement pour mieux nous convaincre – que des « objectifs stratégiques auront été traités ». Après, il nous fera pleurer sur la condition des héros qui sont partis se battre à notre place dans le désert du golfe. Saloperie !
Je me pose toujours une question : comment arriver à faire passer dans l’opinion que des myriades de B52 déversant des « tapis de bombes » - c’est leur expression – sur tout l’Irak puissent être comprises comme de simples opérations « chirurgicales » - c’est encore leur expression – sur la garde personnelle de Saddam Hussein ? Comment ? Mais c’est fait, déjà. Oui, oui, on est convaincus. Y a pas de civil tué, ou alors c’est un affreux hasard ! Mais alors, tous ces marines tués, quelle horreur ! Déjà douze depuis le début, presque tous tués par des erreurs de tir américaines. Pauvres boys ! C’est déjà pas gai d’avoir peur de l’ennemi, mais mourir tué par les copains du même camp, c’est pas une gloire exemplaire !
Comment persister à rester « français » dans ces cas-là ? Impossible, je vous l’affirme. Le mot d’ordre aujourd’hui en France, et ça promet rien de bon pour l’avenir, c’est « Silence, on tue ! ».
A côté de ça, c’est certain que mon bouquin c’est une rigolade, juste un passe-temps de dégénéré. Et pourtant... pourtant, il faut que je le finisse, ce conte qui me prend les tripes. Samedi, j’ai fait passer sur disquette 105 pages de mes écrits. Il faut que je continue, afin qu’Anoushka, un jour, puisse avoir la totalité de mes écrits accessible. Et si je termine mon conte, ce sera un beau cadeau pour elle... et aussi pour tous les pacifistes, les révolutionnaires et les pas cons de ce putain de pays.
Tuez si vous le voulez, prenez votre temps, massacrez, torturez, pillez.
Un jour, peut-être, les peuples exterminés auront leur revanche.
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !