SexTabou

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Je suis Borodine Thomas. Née à Port-au-prince en Haiti, j'ai 22 ans. Je suis étudiante finissante en Psychologie à l'université Notre Dame d'Haiti. J'adore la littérature et la philosophie. La  [+]

Tu n’avais pas le droit de parler de ça. Depuis toute petite on t’a dit que c’est l’affaire des grands, et les grands disent que ce n’est pas bon. Ils en font souvent mais n’en parlent pas. L’affaire est close. Tu ne devrais pas t’aventurer. Surtout pas. Tu te ferais avoir et tu attiserais le feu. Tu grandissais ainsi sans savoir le goût de la vie sans savoir le son de la rue ni le timbre de l’écho qui bouillonne dehors. Tu ne sortais qu’en bagnole accompagné de tes parents ou de ton jeune chauffeur uniquement pour aller à l’école à l’église. Le soir tu restais dans ta chambre et les grands sont dans le salon ; ils parlent de ce que les petits ne peuvent pas entendre. Cela ne t’intéresse pas car ce n’est pas bon pour toi. Tu écoutes de la musique en espérant de tout cœur dissiper ton océan de solitude ou d’angoisse. Les années passent ; tu as changé, tu as pris de la forme, de la rondeur et un tas de transformation se faisait comme par magie. Tu n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait mais tout simplement ce que tu ressentais te paraissait étrange. Tu frissonnais. Tu avais besoin de parler à quelqu’un. Tu regardais par la fenêtre mais tu n’avais personne à qui parler puisqu’on te l’avait déjà interdit. Ce soir- là fut un enfer pour toi. Tu brûlais, tu t’enflammais mais seulement toi était au courant de l’enfer qui te convoitais. Le lendemain, le jeune chauffeur t’amène à l’école comme d’habitude. Au cours de route, tu regardais à travers la vitre des images qui passaient. Tu avais envie de lui adresser la parole. Il est assez jeune comme toi. Tu imagines qu’il pourrait te comprendre. Tu pourrais bien avoir de lui les réponses auxquelles tu rêves chaque soir. Il devinait ce que tu avais en tête. Il te regardait à travers le rétroviseur. Tu avais envie de lui sourire en retour mais tu te souviens du discours des grands.

Un soir, en rentrant de répétition de la chorale, il t’a touché la jambe avant de descendre la voiture. Tu as sursauté et tu as voulu que cela continue mais il s’est arrêté. Tu as pensé à cela toute la nuit. Tu n’as pas pu dormir. Tu faisais travailler tes méninges et tu imagines que tu pourrais lui demander d’achever ce qu’il avait commencé. Tu dégoulinais de sueur dans ta chambre. Tu as ouvert la porte pour aller faire les cents pas devant sa chambre. Tu t’étais trouvé un alibi et tu t’es dit que tu voulais juste lui tirer des informations. Tu es entré dans sa chambre. Tu lui as demandé quelles était ses intentions et futé qu’il soit il t’a répondu que les siennes étaient les même que toi. Il avait compris ce que tu voulais [...]. Tu as fondu devant lui. Tu ne voulais pas qu’il termine. Tu as pris ton pied.

Le lendemain tu n’étais plus la même. Tu te sentais grande mais tu ne peux toujours pas en parler même si tu en as fait. Tu te contentais de sourire pendant les déjeuners de famille jusqu’à ce que le jour où la vérité doit être connue. Ce jour où tout a changé... tu n’avais que douze ans : Tu attends ton bébé.
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