American dream

il y a
1 min
25
lectures
2

Déprimé jovial, pessimiste plein d'espoir, passionnément dilatante, activement oisif... Une tranche de rire (jaune) entre les deux faces de ma médaille en chocolat, et je serai momentanément  [+]

Laissez-moi honnêtement, en toute transparence, vous conter avec grande sincérité et sans langue de bois, ni exagération, l’histoire très véridique et crédible de mes réelles aventures de jeunesse.
En 1932, jeune et bel éphèbe doté d’un fort caractère et d’une tête bien faite, j’émigrais plein d’espoirs vers les États nord de l’Amérique-Unie, las d’une France devenue trop rance à mon goût sous le règne de Macroute 1er, roi des nantis gaulois. La traversée s’était divinement bien passée à bord du très sécurisant paquebot le Titanic, qui fêtait sa centième transatlantique en même temps que l’anniversaire de ses vingt ans de loyaux services. Des tickets promos à moins 50 %, avaient été émis pour l’occasion par la Française des jeux. J’en avais profité et en économisant sur mon RSA, je réussis à financer un trajet en cinquième classe, bien au chaud à fond de cale, en compagnie d’une adorable famille de djihadistes Polono-ukraino-kurdes en attente d’attentat.
À notre arrivée, nous fûmes mis en quarantaine douillette dans l’unique hôtel de la chaîne " Alcatraz TM " d’Ellis Island. L’isolation ne dura que quelques années, le temps de vérifier la validité de notre carnet de vaccination, et aussi de perfectionner notre espagnol, condition sine qua non d’une bonne intégration. C’est là que je fis la connaissance de Céline Dion, autre émigrante avec laquelle j’eus quelque temps une torride aventure amoureuse qui devait déboucher sur une union du râble. Malheureusement, la veille de notre mariage, elle tomba sous le charme désuet de Léonardo Di Caprio qui ce jour-là distribuait bénévolement la soupe populaire en chantant à tue-tête : « je suis le roi du monde ! ». Plus tard, devenus célèbres, ils formèrent le fameux duo Boule et Bill, interprètes inoubliables du tube intergalactique "Qu’il est beau le lavabo, qu’il est laid le bidet ", musique de Florent Pagny sur des paroles de Bernard Henri Lévy.
Normalement, il aurait fallu attendre les deux ans réglementaires pour obtenir l’indispensable carte verte Visa. Mais dans mon, cas vingt-quatre mois suffirent pour qu’elle me fût refusée par le chef de la NYPD, J-C Van Damme, sous le fallacieux prétexte que mon nom de famille comprenait un accent circonflexe sur le â, graphie prohibée depuis les récentes lois protectionnistes réprimantes de la nouvelle administration Trump. Je fus derechef balancé dans un charter Dorgnier-Breguet à grands coups de pied au cul et réexpédié par aéropostale dans l’Hexagone, où je suis devenu pro de l’octogone, champion de MMA poids duvet d’oie blanche, jusqu’à ma récente retraite en 2018 à l’âge de quatre-vingt-seize ans.
Voilà en gros pourquoi je ne suis pas Américain.
2

Un petit mot pour l'auteur ? 3 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Bartho Lomé
Bartho Lomé · il y a
Merci de vos encouragements, je m'interroge sur l'intérêt ou non, de continuer les vidéos lectures qui demandent quand même du boulot, d'autant que je débute en montage et que je suis une grosse feignasse. De plus je ne suis pas certain que ce mode serve les textes...
Image de Fredo la douleur
Fredo la douleur · il y a
Inévitablement après avoir lu puis entendu "C6H4CL2", je n'ai pu résister à la tentation de votre "American Dream".! Ce texte est un véritable bon moment d'humour mythomane ! C'est totalement décalé et donc particulièrement savoureux :-)

Ps : J'ai adoré votre micro nouvelle "Rouge" !

Image de Bartho Lomé
Bartho Lomé · il y a
Version vidéo sur ma nouvelle chaîne youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=97RXarmMf9Y&t=86s

Vous aimerez aussi !