Série noire

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Depuis L'océan indien ma prose voyage du battant des lames au sommet des montagnes et je me souviens de mes vies antérieures  [+]

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L’inspecteur Mastrassi fût réveillé ce matin là par la sonnerie stridente de téléphone. Il vivait seul dans ce petit appartement au dessus du MONOPRIX, dans cette perspective des gratte-ciel de Villeurbanne. Un appel du commissariat à six heures du matin, un crime sur la croix-rousse, il devait rappliquer illico sur les lieux. Il avait une horrible gueule de bois pour avoir encore picolé la veille, de ce rhum agricole qu’on lui avait ramené des îles. Il entraîna son corps fatigué dans son minuscule cabinet de toilette, ouvrit le robinet du lavabo et s’aspergea d’eau froide. « Ce n’était vraiment pas son jour » pensa t-il quand il voulu se faire couler un café. Le percolateur était en panne. Il prit une barre de chocolat dans le placard et claqua la porte derrière lui.
Il s’étonnait toujours de cette statue posée au pied des gratte-ciel, Le Répit de l’agriculteur du sculpteur Jules Pendariès, réalisé trois ans avant le Penseur de Rodin. Il contourna le piédestal de l’artiste et retrouva sa vieille LANCIA. Plus de cigarettes dans la boite à gants. Il perdait vraiment la mémoire, il avait arrêté de fumer depuis huit jours ! Il alluma l’autoradio qui diffusait un air de jazz, le même qu’il écoutait toujours : Almost Blue de Chet Baker.
Mastrassi traversa Lyon et grimpa à la Croix-rousse, rue des Tables Claudiennes. Il connaissait bien le quartier encore désert à cette heure matinale. Les noctambules dormaient encore le dimanche matin !
Toute l’équipe était là, dans l’appartement d’un certain KAFKAR, un drôle de type qui se prenait pour un écrivain et passait son temps à dénoncer toutes les magouilles de cette ville, c’est peut être pour ça qu’on l’avait exécuté. L’homme qui en savait trop ! Il publiait un minuscule journal qu’il expédiait exclusivement à une centaine d’abonnés.
L’appartement de KAFKAR était sans dessus-dessous et l’équipe technique avait tout balisé. Un fourgon de la police scientifique était stationné sur le trottoir et des flics en uniforme surveillaient la rue. L’inspecteur Mastrassi avisa Sophia, son assistance, une ravissante stagiaire originaire de l’île de la Réunion. «  La scène du crime est, dans la chambre » lui dit-elle. Elle reprit : «  Je vous préviens, avant d’entrer, prenez un masque, c’est abominable, il y a comme une odeur de sang insoutenable derrière cette porte! »
Mastrassi découvrit le cadavre de KAFKAR atrocement mutilé baignant dans une mare de sang. Du sang il y en avait partout ! Sur les murs, sur les fenêtres, sur le lit... Mastrassi avait la nausée, il recula d’effroi devant cette scène macabre.
«  Vous n’auriez-pas un café ? Un café noir, très noir et très serré... » demanda t-il à Sophia.

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