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Sérial Killer

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JAM Marvier

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"Il faut que je me confesse. Je sens venir en moi l’instant de mon dernier souffle. Je n'avais jamais été très religieux durant ma vie. Les messes se comptaient sur les doigts de la main, je n'y allais que pour les grands événements : mariage, Noël, enterrement, baptême...
Et j'irai une dernière fois dans mon cercueil.
Mais, quand c'est au tour de tes propres instants de vies de se compter sur les doigts de la main, te garantir une place dans l'au-delà devient ton seul objectif, même si l’existence du Grand Dieu n'a pu être prouvée. La vision d'un néant n'a rien de rassurant comparé à la vision d'un Paradis, particulièrement pour un vieillard dont le rendez-vous avec la mort est devenu d'actualité. Ainsi, je me tournais vers la religion, certes un peu tardivement, dans l'espoir d'un salut m'ouvrant les portes de ce Paradis.
La confession était dorénavant aussi vitale que le sang l'avait été durant toute mon existence terrestre.
De plus, la confession avait pris cette importance à mes yeux surtout à cause de certaines actions réalisées durant ma jeunesse, période durant laquelle le salut de mon âme ne se voyait relié qu'à une place très lointaine dans mes priorités.
Ainsi, je me sens l'envie de me libérer d'un poids lourd qui me pèse depuis des années. Je veux mourir léger sans regret, sans non-dit. C'est par cette volonté que je vous ai fait venir ici mon père. » Madrid , 1976
En vacances, avec ma famille, je me reposais, profitant du soleil, de la mer. D'aspect normal, ces vacances allaient prendre pour moi un tournant sanglant.
En effet, de nombreuses mouches envahissaient régulièrement notre chambre d'hôtel que nous avions louée, rendant mes nuits insupportables. Ainsi, je me mis en tête de me débarrasser de manière définitive de ces insectes qui me rendaient fou. Que ce fut par l'achat de papier tue-mouche, de tapette de plus en plus sophistiquées, ou de simple claquette, d'insecticides, je mis en place tout une armada et toute ma famille s'était mis en position de combat. La guerre commençait. Bien sûr, les mouches par leur rapidité nous narguaient. Nous essayions péniblement d'en tuer quelque unes sans résultat tangible.
Lorsque, par un mouvement rapide, bien aiguisé, de la paume de la main, je fis ma première victime, l'horreur commença pour moi. En effet, à peine 30 min plus tard, un cri strident retenti dans tout l’hôtel. Notre voisin d'étage venait de mourir d'une crise cardiaque. Quand ma deuxième victime mouche tomba sous le jonc de ma tapette, la grand-mère de ma femme mourut. Elle l’apprit par téléphone. Le nombre de mouches mortes par ma faute augmenta, le nombre de morts humains dans mon entourage s'accrut dans le même temps. Ainsi, l'accident de voiture qui fut fatal pour mon ami Fabrice, une mouche morte par claquettes en est à l'origine. Cette corrélation fut très vite évidente dans mon esprit, quoi que dépourvu de sens, mais elle ne m'enleva pas la volonté de continuer de faire la guerre à toutes ces mouches qui prirent plaisir à venir de plus en plus nombreuses. Dans mes souvenirs, je ressentais même un plaisir sadique dans l'acte de tuer des mouches, me rendant coupable, en fait de plus en plus de meurtres d’humains. Pour ma femme, toute cette histoire n'était que pacotille et coïncidence. Simple excuse pour ne pas voir la réalité en face : elle avait épo..usé un S...erial ki..ller. »
....
Quelques pâtés de maison plus loin
-Chéri, c'était quoi ce bruit ?
-Ah ce bruit c'était moi, je viens d'écraser une mouche
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